Situation confuse et inédite à l’APC

Jamais l’APC de Maâtkas n’a eu à connaître une situation politique aussi confuse et inédite ! En effet, après le divorce consommé entre l’édile de Maâtkas d’obédience FFS et son parti tout récemment, démission pour le maire, M. Slimane Khemouche et suspension pour le FFS, deux versions tout à fait antagonistes (voir la Dépêche de Kabylie du 25 janvier), nul n’est actuellement en mesure de se prononcer sur la nouvelle configuration politique qui naîtra, à coup sûr, de ce coup de théâtre qui vient de se produire.

L’APC de Maâtkas est composée de 11 élus dont une majorité relative de 5 membres pour le FFS, 4 FLN, 2 RND. Avec cette « séparation » entre le maire et son parti et la très probable alliance d’un autre élu FFS pour sa cause, la nouvelle configuration serait donc comme suit : 4 élus FLN, 3 FFS, 2 RND et 2 indépendants. Dans ce cas de figure, le plus vieux parti d’opposition perdra sa majorité au profit de l’ex-parti unique. Une assemblée générale extraordinaire étant convoquée ainsi pour après-demain mardi. Une AGE provoquée non pas par le maire, mais par les deux tiers de l’assemblée ! Va-t-on vers un vote de destitution comme souhaité par le FFS ou alors vers un remaniement de l’exécutif ? Tout est possible. Les tractations battent actuellement leur plein. Pour le premier cas de figure, les élus FFS pourront-ils convaincre au moins 5 de leurs paires pour cette perspective ? Les 4 élus du FLN ne se sont pas encore prononcés, eux qui détiennent à la faveur de ces nouvelles donnes, toutes les marges de manœuvres surtout que l’ex-parti unique ne cache plus ses ambitions de récupérer cette grande commune et de rafler tous les postes de l’exécutif. En revanche, si le désormais maire indépendant de Maâtkas pourrait rallier à sa cause une nouvelle majorité il pourra, bien entendu, que remanier l’exécutif qui sera, de fait, attribué totalement au FLN et au RND. En tout cas, seule cette AGE, très attendue ce mardi, pourra éclaircir davantage cette situation politique inédite dans la municipalité de Maâtkas. Pour l’heure, les citoyens restent branchés sur la moindre nouvelle qui en ressortira.

A l’origine de la crise

A en croire trois élus FFS, M. Slimi, M. Farez et M. Benhamma, c’étaient les militants du FFS qui n’ont pas apprécié le comportement du maire, jugé à leurs yeux comme scandaleux et indigne et qui est à l’origine de son interpellation par les organes du parti, en l’occurrence la section FFS de Maâtkas, la fédération de Tizi Ouzou et le secrétariat national aux élus pour le ramener à la raison, mais en vain. Une démarche entérinée évidemment par quatre élus dont un s’est ravisé en fin de compte. Ces membres de l’APC disent avoir tout tenté pour camoufler « l’affaire » et la régler en catimini, mais face à « l’entêtement » de leur camarade, ils ont fini par prendre leur responsabilité. Le plus vieux parti d’opposition n’avait donc le choix que de le suspendre « suite à son comportement déshonorant et contraire aux objectifs politiques assignés à la participation du parti aux élections locales ». Chose que réfute, en revanche, le P/APC qui déclare avoir tout bonnement démissionné en raison « des pressions » qu’il aurait subies tout en démentant les accusations portées à son égard qu’il a qualifiées de « machination diabolique ». Qui croire, qui ne pas croire ? La population reste divisée sur ce sujet quoique cette affaire continue de défrayer la chronique publique locale et même régionale. Affaire à suivre !

Idir Lounès