Le journal à 15 DA

Le journal vend chèrement sa «peau» à Bouhamza. Les quotidiens nationaux y sont cédés à 15 DA, soit une fois et demie le prix pratiqué par les marchands de journaux. C’est que dans cette bourgade enclavée, nichée sur les contreforts des Babors et distante de 38 km d’Akbou, il ne se trouve nul distributeur pour assurer journellement l’acheminement de la presse. L’éloignement et le mauvais état de la route ont eu raison de toute bonne volonté. Enfin, presque, car le sémillant Mustapha Amzal est, jusqu’à présent, le seul à avoir entrepris de transcender ces obstacles et de braver tous les aléas pour faire parvenir chaque jour que Dieu fait, le «pain» de l’esprit dans ce patelin reclus. Mustapha qui a fait de la vente de journaux son gagne-pain, s’approvisionne tous les matins chez les libraires d’Akbou. Il utilise les moyens ordinaires de transport en commun pour acheminer sa cargaison. Quand on sait qu’il débourse quotidiennement 80 DA, rien que pour ses frais de déplacement, avouons que la marge bénéficiaire de 5 DA par journal n’est pas exagérée. «Parfois, pour cause de mévente, j’arrive à peine à rentrer dans mes frais», se lamente Mustapha qui songe d’ores et déjà à abandonner cette activité qui, dit-il «ne nourrit pas son homme» pour un job moins ingrat.

Nacer Maouche