Le ciel de ce matin du mardi 6 février s’est éclairé au rythme de bourdonnements provenant de l’école primaire Rabah-Boucheb qui s’était transformé en une véritable ruche : des apiculteurs venus de différentes régions, des associations issues de différents horizons et des étudiants en agronomie de l’université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou s’affairaient. Une journée douce commencait, en témoigne le sourire, synonyme d’un bonjour de l’Alsace qu’affichait M. Jean-Claude Moes, apiculteur-producteur et membre de AMSED qui a déclaré : « Je suis sollicité par ADPAL de Béni Yenni pour animer une session de formation pour les apiculteurs locaux. Nous nous sommes rendus compte que des problèmes de maîtrise des techniques de production se posent. L’objectif de cette session est de transférer mes méthodes de production aux apiculteurs locaux pour parer à cette situation ».
Ce stage fait partie d’un programme qui s’étale sur plusieurs années, selon M. J-C Moes. « Pour la suite de ce programme, il est prévu que quatre ou cinq apiculteurs locaux viennent chez moi à Strasbourg pour pratiquer avec moi les techniques que j’aurais expliqué ici. Cette phase pratique aura lieu entre le mois de mai et juin et durera trois à quatre semaines. Ensuite, je reviendrais en principe l’année prochaine pour poursuivre ce cycle de formation et approfondir les éléments qui auront été mal appréhendés ici ». Et M. J-C Moes de conclure : « Je suis très impliqué dans cette affaire parce qu’elle participe au développement local. Pourquoi ne pas transmettre les techniques qui sont expérimentées et valables chez moi, ici pour que les agriculteurs puissent en bénéficier ? La formation est le seul moyen de transmettre ces techniques. Quand je vois ce que coûte le miel en Kabylie, quand je vois le volume de production que l’on a et que l’on pourvoit avoir, je me rend compte que l’apiculture peut permettre à ceux qui la pratiquent, ici, de vivre correctement. » Les travaux commencèrent aux environs de 10 heures. La salle qui abrite le stage est archipleine. Selon Amokrane Aberkane, président de ADPAL « ce stage est réservé à tous les apiculteurs de la région, pas seulement ceux d’Ath Yanni. Ainsi, il y aura des participants de Aïn El Hammam, de Ouacifs, de Tizi Ouzou, d’Azeffoun et de Béni Doual ainsi qu’un groupe d’étudiants ». En effet, des étudiants en agronomie de l’université Mouloud-Mammeri de Tizi Ouzou étaient venus assister à ce stage. A ce titre, Mlle F. Z., étudiante en agronomie avoue : « Comme mon mémoire de fin d’études porte sur le pollen, je suis venue assister pour avoir une idée claire sur les techniques utilisées outre-mer », et sa camarade N. D. de lui emboîter le pas : « Ce stage est intéressant dans la mesure où je prépare une thèse sur l’apiculture ». Pour sa part, M. Z. Hannachi, secrétaire général de l’Association pour la promotion de l’agriculture de montagne située à Iferhounène, annonce : « Nous avons lancé trois travaux de recherche pour des thèses d’ingéniorat et un magister. Le questionnaire que nous avons distribué (il le montre) porte sur une contribution d’étude des principaux facteurs influents sur la production du miel dans la wilaya de Tizi Ouzou. Ces dernières années, nous avons constaté une baisse de production du miel dans la wilaya et nous sommes en train de travailler à déterminer les causes et participer à trouver des solutions à cela. A ce sujet, ce genre d’initiative est d’une importance capitale. D’ailleurs, je rends hommage à l’ADPAL pour avoir organisé ce stage qui nous permettra d’expérimenter de nouvelles techniques adéquates à notre région ». Ainsi, ce stage portera sur plusieurs aspects tels que l’étude de la morphologie et de la vie sociale de la colonne, la transhumance, l’essaimage naturel, les essaims artificiels, l’élevage, les techniques de production intensive, les moyens de contrôle de la qualité et de commercialisation ainsi que l’étude des maladies du couvain et des abeilles, tels que le nosémose, le varroas et l’aethinia.
M. S. L.
