La tentative de suicide, avortée, samedi, pose entre autres problèmes, celui de la réinsertion post-carcérale. S. R., 35 ans qui a tenté de mettre fin à ses jours en faisant le saut de l’ange du haut du toit de l’ancienne mairie vient de purger une peine de 14 ans. Sans ressources et sans travail depuis sa sortie, il y a deux mois, d’un centre carcéral, S. R. étale en fait le problème du devenir des ex-détenus victimes de l’ostracisme des hommes et du rejet des potentiels embaucheurs. Il y a quelques temps encore, l’aide à la réinsertion n’était qu’une vue de l’esprit, un vœu pieux ! L’exemple de ce jeune meurtrier de sa propre génétrice, perdu dans une société sans cœur après sa libération au bout de 13 ans d’incarcération vient corroborer cette affirmation… Depuis, et selon les propres propos du procureur général de Béjaïa, M. Mohamed Tayeb Laâzizi, “les choses ont bien changé. Le législateur, dans le cadre de la Réforme de la justice s’est sérieusement penché sur la question en instituiant un suivi systématique de l’ex-détenu après sa libération”. Et de rajouter : “Une caisse est même ouverte et alimentée au niveau du centre pour offrir à chaque libéré qui en exprimerait le besoin un pécule pour lui permettre d’abord de rejoindre les siens et ensuite de tenir quelques temps”. Sur sa lancée, M. Laâzizi ajoutera que “nous recommandons à chaque élargi de se rapprocher du juge d’application des peines dont l’une des missions consiste justement à user de ses relais au sein, notamment, du mouvement associatif pour le réinsérer et lui procurer dans la mesure du possible un emploi”.
Mustapha R.
