Que dire de la culture à Bouira, sinon que cette dernière se trouvait dans un état d’hibernation avancé au vu du nombre impressionnant de projets relancés depuis l’installation de M. Reghal, nouveau directeur qui a pris les rênes de ce secteur en décembre dernier. La culture dans la wilaya a toujours été reléguée au second rang en faisant passer de prime abord les priorités souhaitées par les élus locaux, à savoir des projets à vocation essentiellement agricole. C’est en partant de ce principe injustifié et injustifiable que les Bouiris se sont retrouvés orphelins culturellement parlant. L’absence de salles de spectacle était un handicap majeur durant de nombreuses années et la direction de la culture devant cet état de fait, devait, pour organiser une quelconque activité soit demander au préalable une autorisation, pour exploiter : soit la salle Errich, soit le théâtre communal. Aujourd’hui, la Maison de la culture de Bouira est entièrement achevée. Néanmoins, il manque l’équipement nécessaire pour que cette bâtisse puissent recevoir ses adeptes. Il est vrai que les six milliards alloués pour son équipement demeurent en deçà des besoins réels de cette infrastructure lorsqu’on sait, à titre d’exemple, qu’un siège pour la salle de spectacle revient à 18 000 DA l’unité et que pas moins de 1000 places sont prévues dans cette salle. Sans parler bien sûr du matériel d’éclairage, de la sonorisation, de la climatisation et autres commodités permettant au spectateur venu se divertir de se sentir à l’aise. L’ouverture de la Maison de la culture sera le point de départ d’un nouveau souffle culturel à travers l’ensemble de la wilaya, souligne M. Reghal qui mise sur le cadre convivial pour échanger des idées et faire la promotion de la culture sous toutes ses facettes. Ce dernier avait trouvé de nombreux projets à l’arrêt et il s’attelle dorénavant à les relancer. En citant entre autres le théâtre de verdure du chef-lieu de wilaya ainsi que la réalisation d’une bibliothèque. Idem pour Sour El Ghozlane qui en plus bénéficie d’une étude de restauration de ses portes antiques et sa muraille romaine. Restauration également du Fort turc de Drâa El Bordj : projet qui traîne pour rappel depuis 2003. On apprend aussi qu’un important site archéologique a été mis à jour, à la suite de fouilles faites à Thachachith, dans la commune d’El Adjiba et qui ont permis de découvrir une ville datant de l’ère romaine. Les poteries sigillées, les pièces de monnaie et les ossements mis à jour en plus des vestiges prouvent que cette ville était une cité pour le moins importante. Cette découverte viendra certainement s’ajouter aux 13 sites de la wilaya de Bouira qui figurent sur la liste nationale et des cinq inscrits au patrimoine national.
Au niveau des 89 associations culturelles qui activent dans la wilaya, M. Reghal affirme qu’il a organisé des rencontres avec ces dernières pour connaître avec exactitude les différentes activités exercées. A ce propos, il insiste sur le rôle de ses associations qui sont le vecteur principal de la culture pour dit-il « redynamiser et insuffler un nouveau air culturel dans une wilaya pluriculturelles. » Plusieurs projets pour la réalisation de salle de lecture au niveau de Taguedit, El Hakimia, Mesdour, Hadjra Zerga, Dechmia, Maâmora et Ridane, ainsi que la réhabilitation des salles de cinéma de Lakhdaria, Sour El Ghozlane et M’chedallah qui seront reconverties en salles de spectacles permettront à ses associations de s’épanouir et d’attirer l’attention du rôle prépondérant que joue la culture dans ses différents domaines. Pour cela, le directeur de la culture n’hésite pas à intervenir personnellement pour encourager de jeunes talents qui veulent percer dans le domaine artistique ou musical, et c’est en les recevant dans son bureau qu’il les oriente selon les cas, soit vers l’institut de musique ou encore vers des maisons d’édition pour enregistrer leurs produits. La culture dans la wilaya de Bouira risque de connaître un sérieux essor d’autant plus que selon le directeur, la ministre de la Culture ne lésine pas sur les moyens humains et financiers pour promouvoir son secteur.
Hafidh B.
