Le 8 mai et nous

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Si le 8 mai de chaque année, le monde fête la victoire sur la barbarie hitlérienne, nous, Algériens, fêtons surtout les évènements du mois de mai 1945 : ce jour là, des milliers d’Algériens étaient sortis dans les rues, pour fêter justement l’écrasement du nazisme et revendiquer, en reconnaissance des Algériens à l’effort de guerre, l’indépendance du pays. On connaît la réponse qui a été faite à cette revendication légitime : une répression sauvage qui s’est soldée par des milliers de morts, à Sétif, Guelma et Kherrata. Les forces coloniales de l’époque croyaient réprimer dans le sang l’aspiration des Algériens à la liberté et à l’autodétermination. Mais c’était une erreur, car moins de dix ans après, un certain 1er Novembre 1954, la Révolution qui devait délivrer l’Algérie du joug colonial commençait. Comme chaque année donc, on rappellera le souvenir de ces milliers de victimes, sacrifiées sur l’autel de la liberté. Le nouveau, cette année, c’est qu’il y a quelques semaines, la France a reconnu, par la voix de son ambassadeur, sa responsabilité dans les évènements. C’est un mea culpa qui vient soixante ans après les douloureux événements mais c’est toujours bon à prendre : en tout cas, ça ne peut que rendre justice aux victimes d’alors et rétablir la vérité sur le colonialisme, une vérité que certains, de l’autre côté de la Méditerranée, continuent à camoufler. Le 8 mai 1945, c’est comme le 1er Novembre 1954 ou le 5 Juillet 1962 : il marque, dans le sang et la douleur, la renaissance de l’Etat et de la nation algériennes, un moment étouffés par la nuit coloniale.

S. Aït Larba

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