Verdict le 15 mai prochain

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Hier, l’affaire de diffamation opposant le P-DG de l’Entreprise nationale des panneaux de signalisation (ENPS), M. Belkaidali, au quotidien L’Expression, a été jugée par le tribunal de Hussein Dey. Les débats se sont étalés durant plus de 2 h 30 (de 11 h à 14 h 40), où les deux parties ont, chacun de leur coté, longuement exposé leurs argumentaires. Il convient de souligner, en guise d’introduction, que les origines de cette affaire remontent à décembre dernier où L’Expression a obtenu un document provenant de l’Entreprise de panneaux de signalisation et revêtement (EPSR), appartenant à M. Ould El Hocine Mohamed Chérif. Ce document fac-similé, dont nous avons pu obtenir une copie, a atterri, selon M. Ould El Hocine, à l’EPSR, mais était destiné au P-DG de l’ENPS, en provenance d’une entreprise française dénommé Signature. Son contenu était une invitation de cette société pour le premier responsable de l’ENPS à « participer aux différents travaux de négociations  » dans le cadre de « la relance » du projet de « partenariat dans le domaine de la signalisation routière ». Mais le passage mis en cause est : « …, nous consentirons à prendre en charge les frais de votre épouse ainsi que de votre fille (dont nous tairons le prénom) dans le cas où votre visite accompagnée nous serait confirmée ». L’Expression saisit l’affaire au vol, et dans un article paru le 14 décembre 2004, fait état d’une affaire de corruption qui met en cause M. Belkaidali, et en révèle les détails. Se sentant diffamé, le P-DG de l’ENPS porte l’affaire devant la justice. Celle-ci convoque M. Ould El Hocine en qualité de témoin. Quel lien avec ce dernier ? Pour rappel M. Ould El Hocine est toujours en justice contre le ministère des Travaux publics, car il a été « spolié », selon ses propres termes, de son bien, il y a 25 ans. Cet ancien moudjahid, été accusé à cette époque d’atteinte à la sûreté de l’Etat et emprisonné pendant 05 ans. Durant son séjour en prison, sa société, qui fabriquait des panneaux de signalisation et autres revêtements, a été saisie par l’Etat qui a placé un commissaire à sa tête. A sa sortie de prison l’infortuné n’a pas pu récupérer son bien, qui, entre temps, change de statut pour devenir une entreprise publique dénommée l’ENPS. Commence alors une bataille juridique de 25 ans qui se poursuit encore à l’heure actuelle pour reprendre ce qui lui appartient. En dépit de plusieurs décisions de justice en sa faveur, Ould El Hocine n’a pas eu gain de cause, ou plutôt attend toujours l’application des décisions de justice prononcées en sa faveur. Pis encore pour le lui, l’ENPS a été en décembre dernier mise sur la liste des entreprises privatisables. Au tribunal de Hussein Dey, les débats étaient houleux, en présence des concernés à savoir Ould El Hocine, Belkaidali et Ahmed Fattani, directeur de la publication de L’Expression et le journaliste rédacteur de l’article, ainsi qu’un représentant de la société Signature. L’affaire portait le numéro 78. A une question du juge à l’endroit de Ould El Hocine sur son lien avec l’ENPS, le concerné a répondu sur le champ : « C’est ma société M. le juge ! ». Une occasion pour lui de rebondir et mettre sur le tapis le contentieux qui l’oppose au ministère des TP, et relater en détail sa mésaventure. Il dira entre autres que l’ENPS ne pourrait faire l’objet d’une privatisation puisque la loi est claire à ce sujet : tant qu’une entreprise est au centre d’un contentieux, elle n’est pas privatisable. Les avocats de l’accusation ont demandé 10 millions DA de dommage et intérêts pour leur client et 10 autres millions DA pour l’ENPS, ainsi que la publication du verdict dans quatre journaux et dans les colonnes de L’Expression. Le verdict de cette affaire sera connu le 15 du mois en cours.

Elias Ben

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