Quarante-cinq communes, 4 02 087 votants, 11 partis politiques en lice et 8 listes d’indépendants pour huit sièges de députés qui seront appelés à représenter la wilaya. Dans cet enchevêtrement d’informations livrées pêle-mêle, on se demande avec quels arguments les candidats à la députation pourront convaincre la population de voter pour eux. Un vote qui s’approche à grand spas et jusqu’à présent les citoyens appelés à se prononcer pour élire leurs députés ne semblent pas s’intéresser outre mesure à cette échéance électorale prévue pour le mois de mai. Paradoxalement, ce sont les élections présidentielles françaises qui paraissent avoir la cote par rapport à ce qui se déroule en Algérie. La large médiatisation du sujet aura eu le dessus sur nos élections législatives qui devraient, a priori, interpeller la conscience citoyenne.
Les futurs députés auront pour lourde tâche d’examiner et de voter des lois permettant d’améliorer le quotidien du plus grand nombre. A Bouira comme partout ailleurs, hormis les candidats, leurs partis politiques respectifs, parfois leurs familles, le commun des citoyens ne se fait guère d’illusions sur le sort qui l’attend au lendemain du 17 mai. Ce lendemain paraissant à leurs yeux trop incertain est qualifié de non-événement qui s’inscrit dans la continuité. Pourtant, dans les QG de partis politiques, on s’attelle à désigner telle ou telle tête de liste qui pourraient drainer les foules le jour J.
On parle avec insistance, parmi les candidats d’obédience FLN de quelques grosses pointures, c’est ainsi qu’il est évoqué un général à la retraite originaire de Sour El Ghozlane et qui représenterait la liste de l’ex-parti unique avec entre autres des députés sortants et, croit-on savoir, le président de la Chambre nationale de l’agriculture. Dans d’autres structures, on joue la carte de la prudence avant de laisser filtrer un nom, car la bataille entre les représentants d’un même parti est rude pour figurer en bonne position sur la liste. Même si pour cela, certains chefs de partis politiques n’hésitent pas à s’afficher publiquement au mépris de la volonté de leurs partisans, pour « imposer leurs poulains ». L’ambiance est certes bon enfant dans quelques structures qui n’ont jamais été déçues par leurs « fidèles » et « disciplinés » militants de base.
Le FLN et le RND, entre autres, demeurent sereins quant à l’issu de ce scrutin. En effet, le jour du vote, leurs militants défileront par processions, comme par le passé, accompagnés de leurs épouses, leurs filles, ce qui ne va pas sans peser sur le résultat.
Ces jours-ci et à travers de nombreuses communes de la wilaya, de multiples partis politiques ont ouvert des permanences à l’effet de se montrer plus proches non pas du citoyen mais de l’électeur. De leurs côtés, les archs aussi s’apprêtent à participer à ce scrutin. Pour les uns, il s’agit de prospection pour dénicher « Le » candidat qui ferait l’unanimité, tandis que d’autres envisagent sérieusement de participer. Une autre aile des archs précise, elle, qu’elle pèsera de tout son poids pour rejeter les législatives. Dans un passé pas si lointain, on se souvient des foules drainées par le Mouvement citoyen pour des actions de rue, mais aujourd’hui qu’en est-il vraiment ? D’incidences en dissidences, les archs se retrouvent moins mobilisateurs.
Un challenge pour ces derniers qui jouent leur crédibilité. Un challenge également pour l’UDR d’Amara Benyounes qui devra composer avec des tiers, en confectionnant des listes communes, mais également en misant essentiellement sur des personnes n’ayant aucun passif dans la région. Dans tout ce tohu-bohu, y a-t-il de la place pour une alliance dans le pôle républicain et démocrate pour faire barrage aux islamistes ? Des islamistes qui de leur côté ne font pas de bruit comme à leurs habitudes, car sachant bien qu’ils disposent d’un électorat régulier et fidèle, dont les rouages sont parfaitement huilés. Ces voix sourdes que personne n’entend risquent de créer la surprise parmi les démocrates trop affairés à se faire…. . la guéguerre.
H. Bessaoudi
