Les citoyens du chef-lieu de la commune de Saharidj ont été brutalement tirés de leur sommeil aux environs de trois heures du matin, ce samedi, par une reproduction parfaite d’un accrochage à l’arme automatique dont le champ de bataille était… le sommet d’un poteau électrique où s’est produite une masse. Tout y était, les sons de rafales d’armes automatiques ainsi que ceux des grenades offensives, le tout couronné par de longues étincelles rouges et vertes qui ne différaient en rien des balles traçantes crevant les ténèbres et montant très haut dans un ciel sans lune et particulièrement sombre ce qui donnait plus d’éclat aux lumières des étincelles multicolores : un spectacle qui durera jusqu’à 4h30, soit 90 minutes et qui ne cessa qu’après que le fil qui avait pris feu se soit détaché de la ligne et tombé par terre. Si cela avait eu lieu en plein jour, la semaine écoulée, cet énième accident aurait provoqué une catastrophe, le poteau étant devant l’entrée principale de la nouvelle école primaire où les enfants ont l’habitude de se regrouper en attendant le signal d’entrée en classe.
Le fait positif tiré de cet incident, est la réaction fulgurante de tous les corps de sécurité,qui sont arrivés rapidement sur les lieux, en plus des renforts des GLD et patriotes qui sont sortis de chez eux en « position de combat » une manœuvre tout à fait réussie de simulation – riposte d’une attaque terroriste. L’état de vétusté des anciennes installations électriques de Saharidj ont fait l’objet de plusieurs articles de presse dans les colonnes de la Dépêche de Kabylie, le dernier en date diffusé la semaine écoulée, évoquant d’éventuels accidents qui peuvent se produire à tous instants.
Faut-il attendre que des citoyens soient foudroyés par le courant de moyenne tension pour se décider enfin à se pencher sur cette situation dramatique, angoissante pour l’ensemble de la population de ce gros centre urbain ?
O. S.
