La détresse des femmes enceintes

Cette fois, ce sont les femmes enceintes qui vivent le calvaire. En effet, comment expliquer que cette localité de 30 000 habitants ne dispose pas d’une maternité ? L’histoire remonte à 1998, lorsqu’une polyclinique d’une superficie de 2 ha la fut implantée dans la localité d’Adjcoun. Il s’agit, en effet, d’un village situé en plein milieu de la commune et la mairie fut même implantée du temps de la colonisation. En revenant à cette infrastructure sanitaire, importante de part sa structure et sa superficie, elle fut dans un premier temps délaissée une année durant. En 1999, un médecin coordinateur et 3 infirmiers ont été affectés à cette structure ainsi qu’une ambulance. Seulement et selon le président de l’association de quartier d’Adjioun le médecin est tout le temps pris par la mission de coordination entre les centres de santé. L’infirmier a été affecté à Kherrata et enfin l’ambulance est utilisée pour les services de l’APC dont le chauffeur est renuméré par cette dernière. Bien triste constat pour la plus importante commune de la wilaya! Selon notre interlocuteur, plusieurs rapports ont été adressés aux instances concernées afin que la polyclinique disposant de toutes les structures nécessaires soit transformée en maternité. «Nous avons essuyé un refus catégorique par les services de la santé. Ces mêmes services prétextent qu’une maternité ne serait pas rentable pour une région de 30 000 habitants en passant par d’autres communes limitrophes faisant partie de la wilaya de Setif et qui pourraient utiliser la maternité. Lorsqu’on sait également que Draâ El Caid est distante d’une vingtaine de kms de Kherrata et que nous avons un peu plus de 700 naissances par an dont 70% des femmes accouchent à la maison, vous avez le compte». En effet, il est difficile d’imaginer une femme enceinte «déambuler» à travers un chemin de wilaya très accidenté pour la circonstance pour aller jusqu’à l’hôpital de Kherrata. Pour l’heure, force est de constater que la détresse que vivent ces femmes enceintes mériterait d’être prise en considération le plus rapidement possible. Quelque part, il y va des droits de l’homme et de la femme.

A. Nabet