Mise en valeur des terres agricoles

Ce projet, vieux de plus de vingt ans, fait l’objet d’une étude (achevée et concluante) dans les années 80, et gît depuis, dans un tiroir. Ce lieu présente d’énormes avantages : il peut redynamiser énergiquement l’agriculture en milieu rural et permettre la mise en valeur d’importantes surfaces cultivables une fois touchées par l’irrigation à peine de cette future retenue collinaire qui, révêtira les caractéristiques d’un petit barrage. Situé au niveau d’un point de rencontre de deux ravins ou oueds les plus importants de la région, le premier « oued Ouakour » et le deuxième « oued Lebaâl », descend carrément du sommet Lala Khedidja passant par Vohrav, les deux sur un parcours de plus d’une vingtaine de km en région à pluviométrie et chutes de neige importantes. En amont, s’étendent à perte de vue d’immenses terrains semi-arides à savoir : Avaâli – Azatrhar et enfin Zouzamen partagées entre les communes Chorfa et M’chadallah, à plusieurs milliers d’hectares. Si les semailles des céréales ont été depuis longtemps abandonnées en raison de la baisse sensible des pluies, la plantation des arbres fruitiers, en particulier l’olivier choisi pour sa résistance en milieu aride est maintenu par les propriétaires de ces terrains. Des vieux fellahs de la région racontent qu’avant les années 50 et du temps où les pluies étaient abondantes, ces terrains ont rivalisé en matière de production céréalière avec les plaines irriguées de M’chedallah (Oughazi), à tel point que des colons français ont essayé de se les accaparer d’où l’appellation des lieux « Thaghourfest Iroumien », « le grenier des français ». Un colon ayant jeté son dévolu sur ces terres, a essayé de s’installer avant qu’un fellah spolié de ses terres ne l’abatte d’un coup de fusil, ce qui a dissuadé les autres colons à s’emparer de ces terrains entourés de forêts denses. Signalons enfin que la réalisation de cette retenue collinaire est des plus faciles. Elle existe déjà à l’état naturel. Il suffirait d’une digue solide, et plus elle s’élève en hauteur sur (les deux flancs de l’oued dépassant les 80 m de hauteur) plus le volume de l’eau à emmagasiner devient important et augmenterait les surfaces à irriguer. Sans rien exagérer, nous dirons que dans le cas où ce projet viendrait à être réalisé, la daïra de M’chedallah recouvrira sans aucun doute son statut d’origine de région agricole, nous le soulignons sans aucun risque de nous tromper. Il serait bien dommage de laisser à l’abandon autant de terre fertile qui peut être mise en valeur à moindre frais. Des associations des villages avoisinants se disent prêtes à organiser des volontariats pour contribuer à la réalisation de cet ouvrage, dont l’utilité pour toute la région n’est pas à souligner. Voilà un projet qui doit retenir toute l’attention des autorités locales en général, et des services de l’agriculture, en particulier.

Omar Soualah