“Ma condamnation est un non-évènement”

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Condamné à la perpétuité par le tribunal de Blida dans l’affaire qui porte son nom par contumace, l’ancien patron du groupe éponyme, Rafik Abdelmoumen Khalifa, n’en finit de parler de lui. Etant astreint au silence après avoir contracté l’engagement de ne pas faire de déclaration à la presse jusqu’à à la fin de son interrogatoire par Scotland Yard, la police britannique, des cercles proches de l’ex-magnat, ayant requis l’anonymat, ont affirmé que Rafik Khalifa, nullement inquiet par sa condamnation, considère celle-ci comme un  » non-événement  » et un  » procès théâtral « , durant lequel 50 personnes, la majorité des petits gestionnaires ont été victimes, selon la même source, du verdict rendu la semaine dernière par le tribunal criminel près la cour de Blida. S’agissant des raisons qui ont amené la police britannique à interpeller Moumen Khalifa les 27 février et 20 mars derniers en attendant d’être auditionné une nouvelle fois le mois de mai prochain, la même source a soutenu que  » les questions des enquêteurs de la police britannique n’avaient pas de relation ni de près ni de loin sur ce qui s’est passé à Blida ou au sujet de l’extradition de Moumen vers l’Algérie comme réitérés par les officiels algériens à Londres et à Alger « . Les proches de l’ancien golden boy ont relevé que  » Scotland Yard n’a pas jusque là accusés Moumen Khalifa « , en précisant que  » la Grande-Bretagne est un pays de droit où l’instance exécutive et le gouvernement n’ont pas le privilège de décider dans l’extradition de telle personne vers tel pays « .  » L’unique décision revient au pouvoir de la justice, laquelle est complètement indépendante du gouvernement « , ajoute la même source avant de réitérer  » la disponibilité de l’ancien président du groupe en faillite Khalifa, pour un jugement juste et équitable, non pas en Algérie mais en Grande-Bretagne, pour qu’il puisse présenter avec des documents la vérité sur ce qui s’est véritablement passé depuis la création de la banque et ses filiales en passant par sa mise en banqueroute programmée jusqu’à sa condamnation fictive à Blida. « . Par ailleurs, la plupart des avocats de la défense au nombre de 60 ont déjà entamé les pourvoir en cassation auprès de la Cour suprême afin de tenter de réduire, voire d’annuler les peines retenues par le tribunal à l’encontre des 43 personnes condamnées à des peines allant de deux ans de prison ferme jusqu’à 10 ans de réclusion criminelle. Il ressort que la formulation des pourvois en cassation comme le prévoit la procédure juridiciaire, est synonyme d’une « insatisfaction  » des avocats et leurs mandants des peines prononcées. Contacté par nos soins, maître Khaled Bourayou, avocat de Akli Youcef, caissier principale, contre lequel une peine de 10 ans de prison ferme a été prononcée, a souligné que la plupart des personnes condamnées ont  » cassé  » la décision du tribunal.  » On est en attente de l’ouverture du dossier auprès de la Cour suprême « , a-t-il estimé. Maître Berghel, avocat de nombreux inculpés, surtout le plus en vue en la personne de Djamel Guellimi, condamné pour une peine de 15 ans de réclusion criminelle, a relevé que si les prévenus ont usé de leurs droits pour le pourvoi en cassation, c’est qu’ils se sentent  » lésés « , avant de dire que la décision du tribunal est  » lourde  » pour ses clients.

Il a affirmé que ses mandants, des directeurs des agences bancaires d’El Khalifa Bank et leurs familles, ne s’attendaient pas à cette décision. Notre interlocuteur a clamé qu’  » on a voulu cloner Moumen Khalifa  » à travers son client qui se trouve, dit-il, victime d’une  » surmédiatisation « .  » On respecte le jugement, mais on va se battre « , a-t-il conclu.

Hocine Lamriben

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