Une situation alarmante de seize familles

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“Peut-on réellement vivre dans une cave d’un mètre soixante ?”. C’est avec cette question que nous a accueillis un présentant des seize familles “arnaquées” au bureau du maire de Frikat. Les deux citoyens venus pour une énième fois s’enquérir de leur problème semblaient atterrés. Le président de l’APC, Amar Arib, nous donna alors la situation de cette histoire de RHP datant de 1998. “C’est ce que l’ancienne assemblée a appelé le programme d’aides sociales groupées. En tout, il fallait réaliser 62 habitations. Parmi ces dernières, seules 44 ont vu le jour en semi-fini, et cela après réévaluation. Il reste donc seize familles qui vivent encore sous les tôles depuis 1959”, nous expliqua-t-il avant de donner d’autres éléments d’information. “S’agissant d’un terrain accidenté, toutes les sommes ont été englouties. Et les sous-sols ne sont pas achevés pour ces malheureuses familles. A notre arrivée en 2005, le problème est resté posé. Nous avons fait des fiches techniques déposées à la DLEP et au ministère de l’Habitat. La réponse est que ces citoyens ont bénéficié et il y a eu la réévaluation”.

Un autre élu intervient pour nous dire que ce lotissement était créé par l’actuel ministre de l’Habitat alors qu’il était wali de Tizi Ouzou.

Les élus de cette assemblée sont alors confrontés à un problème, disent-ils, qu’ils avait hérité de l’assemblée sortante.

Pour le maire, ces caves ne pourraient être achevées avec le budget de la commune qui est dérisoire. Le premier magistrat de cette municipalité ajouta aussi que c’est le foncier qui a été sacrifié pour un projet qui ne demande pas autant de terrain.

D’un autre côté, nous avons appris que la CNL ne voudrait pas tenir en compte cette situation car vis-à-vis de la réglementation ces citoyens avaient déjà bénéficié. “De notre part, nous faisons tout pour arriver à la solution car ces citoyens demandent un toit décent et non une cave”, a conclu le maire. L’autre représentant des seize familles nous a fait savoir qu’à chaque fois on leur répondait que c’était “en bonne voie”. Ce qui l’amena à se demander : “A quand c’est en bonne voie ?” Un troisième élu précisa que les fiches techniques ont été transmises au ministère encore une autre fois depuis déjà huit mois. Si toutes ces procédures ne font que durer dans le temps, ces familles vivant dans la promiscuité et l’absence de salubrité passe encore des années dans ces gourbis qui font du chef-lieu de Frikat l’un des bidonvilles des plus hideux de la région et peut-être de toute la Kabylie.

Amar Ouramdane

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