Un colloque sur le berbère est le bienvenu, un colloque sur l’écriture c’est encore mieux. Même si le colloque initié par le HCA les 21 et 22 mars porte sur le libyco-berbère, c’est-à-dire l’histoire de l’alphabet berbère, l’épineuse question de la graphie du berbère ne manquera pas d’être abordée.
Et l’on aura raison de l’aborder car cette question semble entraver la marche du berbère, voire, si elle n’eat pas résolue, hypothéquer l’avenir de l’enseignement de cette langue dans notre pays. Si pour la majorité des berbérophones algériens, notamment en Kabylie qui, ne l’oublions pas réunit les _ des locuteurs algériens, le choix est fait depuis longtemps en faveur du latin. Dans les sphères qui prennent les décisions, c’est loin d’être tranché. Le centre de linguistique et de pédagogie de la langue berbère –un organisme des plus officiel mais des plus inefficaces- existe pourtant depuis 2004, et sa mission est justement de régler ce genre de problèmes.
Or, non seulement ce centre est boudé par les principaux berbérisants algériens mais de plus, il n’a, en trois années d’existence, rien fait pour la promotion de tamazight.
Aucun travail sur la transcription, la néologie, la pédagogie : les seules initiatives, pour le moment, viennent du HCA. Quant aux spécialistes du domaine linguistes, spécialistes de la littérature, pédagogues, et sociologues, ils sont tout simplement écartés.
L’Etat algérien et à sa tête le président de la République ont manifesté leur volonté de promouvoir tamazight et mis à sa disposition de gros moyens.
Mais ces moyens ne sont pas exploités, car il ne sont pas entre les mains de ceux qui peuvent réellement servir tamazight !
S. Aït Larba
