Plusieurs chemins communaux concernés

Plusieurs fois soulevés dans nos éditions antérieures, les problèmes posés par la qualité du réseau routier de la wilaya de Bouira ont fini par être appréhendés dans leur vraie dimension par les autorités locales, principalement la Direction des travaux publics.

L’état de dégradation de certains tronçons, en se greffant à la densité de la circulation enregistrée au cours des quatre dernières années, met en danger des vies humaines, contribue à la dégradation de l’état des véhicules et cause d’énormes retards dans l’acheminement des marchandises et le transport des voyageurs.

Certains chemins communaux, naguère modestes voies de desserte, se sont transformés, au vu du trafic routier qu’ils supportent, en véritables routes nationales, la classification en moins. Il en est ainsi du CW 127 reliant Bouira à Sour El Ghozlane. La présence de carrières d’agrégats dans le périmètre de la commune d’El Hachimia (dont la matière est utilisée par les chantiers de l’autoroute et le secteur du bâtiment) et l’approvisionnement en ciment à partir de l’ERCC de Sour El Ghozlane ont crée un mouvement frénétique de véhicules lourds H24. La route, superficiellement revêtue, ne pouvait supporter un tonnage aussi important. C’est pourquoi, sur l’ensemble de la chaussée, de larges crevasses, des nids-de-poule, des morceaux complètement décapés parsèment l’itinéraire de la route. Ce chemin de wilaya, long de 32 km, a bénéficié d’un aménagement sur 19 km (de Oued El Berdi à Sour El Ghozlane), travaux qui ont commencé en 2005 et qui ne sont pas complètement achevés.

Par ailleurs, les difficultés de circulation sur la Route nationale n°5 sont devenues légendaires. Cet axe qui dessert tout l’Est algérien à partir d’Alger enregistre ses plus grands goulots d’étranglement au niveau de la wilaya de Bouira.

En effet, le tronçon Aomar-Errich et El Esnam-Ahnif sont devenus, par les encombrements qui les caractérisent et les accidents fréquents qui s’y produisent, la ‘’bête boire » des automobilistes, transporteurs publics et routiers. Le projet d’autoroute Est-ouest destiné à régler définitivement cette situation est toujours à l’état de chantier sur la grande partie de son itinéraire.

Excès de vitesse, dépassements dangereux et traversées d’agglomération sans précautions particulières sont les principales causes des accidents mortels par lesquels est devenue tristement célèbre la RN 5.

Sur la partie est de la wilaya de Bouira, la saturation de la voie commence généralement à quatre kilomètres avant El Esnam et continue sur Bechloul, El Adjiba et Maillot-Gare. Pour échapper un tant soit peu à cette situation intenable, certains automobilistes empruntent, dès la sortie de Bechloul, le chemin de wilaya n°98 qui prend naissance à l’embranchement de Semmache, face à la digue du nouveau barrage de Tilesdit. Cette route, proposée à l’aménagement dans le cadre de la modernisation du réseau routier de la wilaya, longe l’Oued Sahel par la gauche et serpente, sur une quinzaine de kilomètres, à travers les oliveraies de la vallée relevant des communes d’El Adjiba et M’Chedallah. Cependant, l’état actuel de ce chemin ne le prédispose pas à accueillir un fort trafic ou, a fortiori, des véhicules lourds de gros tonnage.

La largeur de la chaussée se révèle trop étroite pour ce genre d’activité, d’autant plus que sur plusieurs tronçons, la route est jonchée de dos-d’âne successifs.

Pour se rendre à M’Chedallah ou sur la route de la vallée de la Soummam (RN26), ce chemin de wilaya constitue un axe stratégique susceptible de soulager la RN5.

Cette dernière serait alors utilisée principalement pour le trafic en direction des wilayas de l’Est (BBA, Sétif, Constantine).

Pour jouer pleinement ce rôle- désengorger substantiellement la route nationale-, cette voie d’évitement requiert certains travaux comme l’élargissement de la chaussée, la réparation de certains nids-de-poule et autres excavations ainsi que la réduction du nombre de dos-d’âne qui devrait être contenu dans le strict minimum.

Il en est de même du CW 24 longtemps laissé à l’abandon et boudé par les automobilistes malgré son caractère stratégique. En effet, cet axe relie le nord et le sud de la wilaya sur son flanc Est. À partir de la RN5- et de la future autoroute-, il joint Bechloul à Sidi Aïssa (wilaya de M’Sila) en passant par les communes d’Ath Laqsar, Ath Rached, Mesdour, Bordj Okhriss, Taguedite et Hadjra Zerga. Autant dire, il relie la vallée supérieure de la Soummam aux Hauts-Plateaux du Centre. Vu l’importance régionale des marchés de Sidi Aïssa et Aïn Lahdjel et l’ouverture, via une bretelle bien aménagée, que cherchent à acquérir les communes forestières des Bibans sur la nouvelle autoroute, la prise en charge de ce chemin de wilaya est d’une importance capitale.

Il y lieu de rappeler que le CW 20, reliant Mesdour à Dechmia sur environ 66 km, a subi des travaux d’aménagement au cours des deux dernières années sur le tronçon allant de Ouled Saâdi à Bordj Okhriss.

Un nouvel ouvrage d’art-le pont de l’oued Ghomara- a été aussi réalisé pour remplacer l’ancien pont trop exigu. Signalons, enfin, qu’une partie des aménagements prévus au sud de la wilaya est financée sur le programme des Hauts-Plateaux mis en branle à partir de l’année 2006.

Ce même programme inclut les aménagements de pistes rurales et forestières sur une longueur de 300 km ainsi que l’ouverture de 30 km de nouvelles pistes ayant la même vocation.

Amar Naït Messaoud