« Cheikh Mohand Oulhoucine Amoussnaw »

La sécularisation a permis au Cheikh de faire de la parole un élément au service de la pensée… C’est justement à cette parole pensante et cognitive, plus qu’à l’émission de simples images acoustiques de la langue, que s’intéressera la présente étude que je propose…… Pour qu’une langue s’établisse, il lui faut l’association de la parole qui est l’image verbale de cette voix intérieure qu’est la pensée. Cette pensée est la faculté de réfléchir, de créer de juger de construire des idées, de formuler des opinions, d’analyser le passé, d’imaginer et de concevoir l’avenir. C’est la faculté de penser qui fera dire à Descartes : « Je pense, donc je suis ». L’intervention du penseur Chiekh Mohand Oulhoucine Amoussnaw, dans la cité kabyle, était faite de cette faculté de penser. Il y a une étroite corrélation dans le triptyque : pensée, parole et langue. Cette chaîne, une fois interrompue, rend la langue inerte. Dans « Parole africaine » Amadou Hampâte Bâ, écrivain, historien et philosophe malien, accorde un sens évident à la parole. En effet, pour lui « la parole humaine met en mouvement les forces latentes, les actionne et les suscite, comme lorsqu’un homme se lève ou se retourne à l’appel de son nom… elle est, par excellence, le grand agent actif de la magie africaine… ». … Cheikh Mohand Oulhoucine Amoussnaw est un de penseurs kabyles qui a établi des combinaisons personnifiées des éléments de la parole. La langue qui en a résulté, servira d’instrument régulateur des rapports sociaux dans la cité kabyle, sa vie durant…… Le titre de « cheikh » qui lui a été attribué, n’a pas la même signification ni la même valeur donnée habituellement à un homme de culte, de sainteté ou encore appartenant à un ordre donné. Le mot « Cheikh » emprunté à la langue arabe, perd sa signification de promoteur de la spiritualité. Dans le cas de Mohand Oulhoucine, il signifie une personne qui a accédé aux profondeurs de la pensée kabyle ainsi qu’à la parfaite maîtrise de la langue et qui les enseigne en même temps avec beaucoup d’adresse. Pour la mission qu’il a remplie, sans doute que le mot approprié et originel, pour le nommer aurait été « amussnaw », (sage, penseur ou philosophe). Ce terme n’était pas d’un sage courant. Le rôle était joué mais le mot originel n’accompagnait pas l’auteur du jeu… Le sauvetage de la pensée du cheikh et partant de la pensée kabyle, nous le devons à Mouloud Mammeri. … Nous pensons que défendre et développer la pensée et la culture berbère, c’est protéger la diversité. C’est également demeurer soi-même et communiquer constamment avec l’autre. ous ne pouvons être nous-mêmes, dans ce monde aux grandes mutations, qu’en défendant : « Une identité kabyle et berbère en général ouverte, Cheikh Mohand Oulhoucine a anticipé sur cette ouverture en disant : « Bedd a twalidRuh a d-tawidQim Ulac »Abdennour Abdesslam

La cérémonie aura lieu le vendredi 13 mai à 14h au salon du livre « La paix » sis au centre commercial Derridj, rue Zidane (ex rue de la Paix) en présence de l’auteur.