L’association culturelle pour le 4e art «Lemri» d’El-Kseur a organisé des journées d’étude sur le théâtre amateur, et ce du 14 au 16 avril.
Dans l’espoir de susciter l’engouement du public envers le quatrième art, les membres de ladite association ont mis les bouchées doubles, à la clé un programme riche et varié. Cette initiative vise surtout à susciter une prise de conscience chez les artistes, sur la nécessité vitale d’élever le théâtre au rang d’une œuvre artistique à une véritable créativité de l’esprit. Le premier jour des festivités s’est ouvert par un atelier animé par Abdelaziz Hammachi, suivi de deux conférences animées respectivement par Mohammed Ait Ighil et Noureddine Khaled Khoudja. La première conférence a pour thème «L’histoire du théâtre amateur dans la région de Bgayet». Quant à la deuxième conférence, le thème a porté sur «Quelle perspective pour le théâtre amateur ?» En fin d’après-midi, l’association Artis a brillé par une représentation théâtrale, «Taxelwith n ccitan». Au deuxième jour, les ateliers ont repris de plus belle avec Foudil Assoul et Abdelaziz Hammachi. Plusieurs intervenants ont eu d’abord à déplorer la marginalisation des troupes de théâtre amateur d’expression amazighe dans la wilaya de Béjaïa, ce qui aggrave, d’ailleurs, la situation du quatrième art qui reste toujours à son éternel balbutiement. En réalité font-ils remarquer, rien ne se fait pour améliorer la qualité des productions théâtrales des troupes amateurs en encadrant celles-ci par des professionnels du théâtre. La formation des comédiens amateurs laisse à désirer et les textes sont souvent dénués de leur structure dramaturgique. On confond souvent théâtre et sketchs au point où le public préfère tourner le dos à un art qui ne s’adresse ni à l’intellectuel et encore moins au large public. C’est à ce titre, d’ailleurs, que d’autres intervenants ont plutôt insisté sur l’importance de voir les troupes concentrer leurs efforts sur l’amélioration des productions théâtrales elles-mêmes, tant celles-ci souffrent d’une faiblesse à tous points de vue, à telle enseigne qu’elles perdent le titre d’œuvre artistique. Le cycle des conférences programmées s’est enrichi davantage par des conférenciers de tailles, à l’image de Djamel Ikhloufi et Zahir Benbara. Le premier conférencier a longuement brossé les contours du théâtre amazigh, de l’amateur au professionnel. Quant au comédien Z. Benabara, ce dernier a animé une conférence ayant pour thème «Pour moi, l’apport du théâtre au combat amazigh». Nombreux sont les jeunes ayant bu les paroles des deux conférenciers, notamment par l’authenticité et la franchise des conférenciers. Et comme le 4e art est l’épine dorsale de l’ensemble du programme, un spectacle théâtral du TRB est organisé dans l’après-midi du vendredi. La troupe Times d-urar a animé un spectacle de théâtre de rue à l’esplanade de la mairie d’El-Kseur. La troupe théâtrale de l’association Lemri a eu le privilège de présenter une pièce théâtrale «Djeha», interprétée par des comédiens bourrés de talent devant une assistance appréciable. «L’objectif qu’on s’est assigné à franchir est de promouvoir le 4e art et de faire découvrir à un large public la grandeur du théâtre, longtemps resté le parent pauvre de la culture dans notre région», nous avoue un membre de l’association Lemri.
Bachir Djaider

