Les malades stomisés lancent un SOS

Les personnes stomisées de Béjaïa lancent un cri de détresse, vue leur situation déplorable. Cette situation, explique M. Mensouri Rachid, président de l’association des personnes stomisées de Béjaïa, n’est que le résultat du monopole exercé par l’ONAPH concernant l’importation des anus artificiels, puisqu’un seul importateur existe en Algérie, nous déclare-t-il. Pour lui-limiter l’importation des poches colostomies à un seul importateur, réduit la qualité et la quantité des produits importés.

Une réalité prouvée par le retard que subit la distribution de ces poches aux malades déclarés au bureau de l’ONAPH à Béjaïa, et la qualité de ces produits, qui ne s’adaptent ni à notre climat ni à nos malades, à cause de leur mauvaise qualité. Ces handicapés, qui mènent un combat quotidien contre leur maladie, doivent assumer les frais des soins (210 DA le prix d’une seule pièce- un deux pièces composé d’une poche et d’un support coûte 525 DA). 80% des malades n’ont pas de couverture sociale, ce qui exclut leur droit aux assurances, à la gratuité des soins et même « mourir dans dignité » nous dira Mme Kassouri, atteinte d’une tumeur au colon. L’état dégradant des malades dépasse notre responsabilité, nous affirme le directeur de l’ONAPH de Béjaïa, puisque le bureau de Béjaïa n’est qu’un centre de distribution, « notre travail s’arrête au moment où les demandes d’approvisionnement sont envoyées à la direction d’Alger » déclare-t-il.

Il ajoute « bien que nos pouvoirs sont limités, on a fait plusieurs tentatives de sensibilisation auprès des malades et des responsables, malheureusement à chaque journée d’étude ou conférence, on s’est trouvé avec cinq personnes dans la salle ».

« On a même proposé aux responsables d’organiser une table-ronde pour étudier les problèmes et les droits des malades, malheureusement la réponse à cet appel de la part du DAS était qu’il n’est ici que pour faire du marketing pour l’ONAPH ». En attendant que les responsables prennent d’autres mesures pour répondre aux besoins des malades, leur seule chance de mener une vie normale est d’attendre les dons des associations françaises comme ILCO et FSF, grâce aux efforts de M. Mensouri qui est en ce moment en plein travail pour réaliser un centre de stomie thérapie, à Béjaïa.

Samia B.