Le tribunal criminel près la Cour de Béjaïa a examiné avant-hier, samedi, une affaire de coups et blessures volontaires avec préméditation et guet-apens assortie de vol qualifié.
A l’audience, qui s’est déroulée en l’absence de la victime, deux des trois accusés, K. K., 34 ans et B. B., 23 ans, ont totalement nié les faits qui leur sont reprochés, seul le troisième B. N., 27 ans, reconnaît avoir, en légitime défense, frappé la victime d’abord avec un gourdin qu’il a ramassé sur les lieux puis avec le couteau qu’il lui a enlevé.
Après un long réquisitoire où il a donné tous les détails relatifs à l’agression et au vol et où il a notamment indiqué que la victime M. M., avait été délestée de la somme de 25 000 DA avant d’être déshabillée, ligotée, bâillonnée et abandonnée dans l’oued Tahir à Akbou. Le représentant du ministère public a requis la peine de 15 ans de réclusion criminelle contre chacun des trois accusés. Cependant, après délibérations, le président du tribunal a prononcé la peine de 3 ans de prison contre B. N., et K. K., et l’acquittement en faveur de B. B. Les faits remontent à la journée du 24 mars 2006 lorsque les trois accusé et la victime se sont rencontrés à Akbou.
La victime, M. M., que le juge montre en photo, lacérée de coup, promet alors à B. N., qui lui reproche de lui avoir volé la somme de 10 millions de centimes, de lui rendre son argent le lendemain, et à K. K., à qui il a volé un lot de vêtements d’une valeur de 15 millions de centimes, représentant la dot de sa sœur qui allait se marier, de l’accompagner également le lendemain à Oran pour lui rendre ce qui n’est pas encore vendu. Il était 7h 30 ou 8 heures du soir lorsque les trois comparses qui devaient, le lendemain de bonne heure, prendre la route sur Oran (B. N. devait partir pour Oran où K. K., lui a promis un emploi) et qui n’ont pas trouvé où passer la nuit, décidèrent de veiller au bord de l’oued Tahir en attendant le départ. Et pendant que K. K., et B. B., (ce dernier est juste là pour leur tenir compagnie selon ses déclarations) sont allés en ville acheter des sandwiches et du vin, B. N. et M. M., sont restés seuls au bord de l’oued. A l’audience B. N. affirme que c’est M. M., qui a commencé à l’attaquer au couteau et pour se défendre, il a pris un gourdin et se met à lui donner des coups à la main qui tient le couteau. Quand sous l’effet de la douleur, M. M. lâche le couteau, B. N., s’en saisit et assène plusieurs coups au visage de son adversaire. Il nie cependant le fait de l’avoir ligoté ou bâillonné. K. K. déclare qu’il n’avait rien vu. B. B., en revanche, rapporte au juge qu’il a vu B. N., donner des coups de bâton et de couteau à
M. M. L’avocat de B. N., qui déplore l’absence de la victime, met en évidence la légitime défense de son client. Aux termes de sa longue intervention, il plaidera les circonstances atténuantes pour son client. Quant au défenseur de K. K., il souligne que son client est victime d’un scénario imaginé de toutes pièces par la victime pour ne pas avoir à rendre ce qu’elle a volé. Selon cet avocat, c’est la victime elle-même qui a déchiré ses propres vêtements et qui ramené elle-même la corde pour faire croire à la police qu’elle a été l’objet d’une agression, d’un vol et d’un ligotage. En ce qui concerne B. B., son avocat dira de lui qu’il se trouvait là par hasard qu’il n’avait rien à voir avec l’agression ou le vol.
B. Mouhoub
