Face à la montée du chômage des jeunes en Algérie, induite par plusieurs facteurs liés notamment au recul économique et au désinvestissement, les pouvoirs publics ont mis sur pied, suite à un diagnostic précis, un dispositif destiné à cette frange de la population. Le plus important de ces dispositifs est celui réservé au soutien des projets d’investissement présentés par des jeunes promoteurs, piloté par l’Agence nationale de soutien à l’emploi des jeunes, (ANSEJ). Ce dispositif, dont le cachet économique prime, est mis en œuvre depuis le deuxième semestre de l’année 1997, dans une phase marquée par de grandes transitions économiques, tout particulièrement celle allant vers l’économie de marché. De fait, la micro-entreprise était injectée dans l’économie nationale pour pallier l’absence d’investissement et occuper des activités importantes telles que les services, l’industrie, la maintenance, la réparation, la rénovation…, etc. Elle peut aussi sous-traiter dans certains secteurs engagés dans un processus d’externalisation et d’essaimage. Ces investissements malgré leur petite taille, sont, économiquement parlant, d’une grande importance, étant entendu qu’ils favorisent la création d’une multitude d’activités (biens ou services) ainsi que d’un nombre assez considérable d’emplois directs et indirects. Lors des débats, le représentant de l’antenne ANSEJ de Tizi Ouzou s’est fait bref, mais pertinent. Tout en se gardant de verser dans de stériles généralités, il a plutôt focalisé son intervention sur les principaux axes inhérents au sujet du jour. De fait, son allocution d’ouverture était un concentré de données chiffrées, où l’invité a pu faire connaître la structure qu’il représente, ses missions, ses avantages, ainsi que le bilan de ses activités depuis 1998. L’orateur, court et pragmatique, soulignera dans la foulée que les principales missions de l’ANSEJ sont celles consistant à soutenir, conseiller et à accompagner les jeunes promotteurs tout au long de la mise en œuvre de leur projet d’investissement. Aussi, il appartient à la structure de gérer les dotations du fonds national de soutien à l’emploi des jeunes, notamment les aides sous forme de prêts non rémunérés (PNR) et de bonification des taux d’intérêts des crédits bancaires. Parallèlement à cela, l’ANSEJ assure le suivi des investissements en veillant au respect des clauses de la convention liant les jeunes à l’agence, cela sans parler du rôle de cette dernière dans l’assistance des jeunes promoteurs après des institutions et autres organismes concernés par la réalisation des investissements. Pour ce qui est des conditions d’éligibilité, l’ANSEJ impose quatre critères : l’âge (19-35 ans), la qualité de chômeur, la qualification ainsi que l’apport personnel. Pour réaliser sa microentreprise, le jeune promoteur pourra choisir entre deux formules de financement. La première (appelée la triangulaire) est un montage financier faisant appel aux fonds propres du promoteur, au crédit sans intérêt de l’ANSEJ ainsi qu’au crédit bancaire. Le financement mixte consiste, quant à lui, en un jumelage de l’apport personnel du jeune investisseur et du crédit octroyé par l’ANSEJ.
Des chiffres et des… exploitsDepuis sa création, l’antenne ANSEJ de Tizi Ouzou a fait un parcours assez appréciable. En sept années d’activité, la structure a pu mettre sur pied pas moins de 4 148 projets ayant généré 10 401 emplois permanents et directs. Pour mieux saisir l’impact économique de ces projets sur la wilaya, il suffit juste de souligner que le montant global de ces investissements frolle la coquette somme de 6,321 milliards de dinars. Notons au passage que ces projets ont permis l’injection de plus de 1,210 milliard de dinars au titre des apports personnels mobilisés par les promoteurs. A ce rythme, l’ANSEJ de Tizi Ouzou a pu créer près de deux microentreprises par jour, ce qui représente quatre postes d’emploi quotidiennement. Ces statistiques l’ont, par ce fait, propulsée à la tête des 48 structures similaires parsemées sur le territoire national en matière de lancement de projets et de création d’emploi. Toutefois, une lecture même non exhaustive des chiffres communiqués par l’ANSEJ lors de ce forum permet de conclure que les prouesses auraient été encore plus spectaculaires n’étaient-ce certaines contraintes financières et administratives qui ont anéanti des milliers d’autres promoteurs. A titre d’illustration, il est utile de savoir que l’ANSEJ de Tizi Ouzou a traité 15 624 projets représentant 38 046 emplois prévus. La même antenne a délivré 14 259 attestations d’éligibilité, dont 4 686 seulement ont reçu les accords de financement de la part des banques, près de 500 entreprises n’ont pu, par ce fait, voir le jour puisque dépourvues de financement. En plus clair donc, et sur quelque 13 528 projets traités par l’agence, 9 348 n’ont pu bénéficier des fameux accords bancaires, ce qui représente un taux de 69,10%. Parallèlement à tout cela, l’ANSEJ se charge également du suivi des projets après leur lancement effectif. Le dispositif se fixe donc comme objectif d’attirer autour de lui toutes les potentialités, les énergies, les idées et la technicité utile à transformer des idées en projets de développement appelés à traverser un parcours parfois sinueux et à surmonter toutes les difficultés qui se présenteraient. Ainsi, de la naissance de l’idée jusqu’à sa concrétisation (et même après), l’ANSEJ accompagne le jeune promoteur dans son parcours de création de sa petite entreprise. Cet accompagnement se traduit d’une manière générale par des conseils, des informations, des techniques. Plus que cela, l’ANSEJ se charge également de soutenir le promoteur par ses appuis auprès des différents partenaires du dispositif, ainsi que les collectivités locales et des organismes économiques en relation directe ou indirecte avec le dispositif (Sonelgaz, PTT, fournisseurs, etc… ). Pour ce faire, des comités locaux de suivi regroupant l’ANSEJ et ses partenaires sont créés au niveau de la wilaya. Ils ont pour mission le suivi des microentreprises pour les assister, les conseiller et intercéder en leur faveur, en vue de limiter les probabilités d’échec et faire augmenter le taux de réussite.
L’indispensable apport des banquesComme expliqué plus haut, l’aboutissement d’un projet de micro-investissement passe préalablement sur une multitude d’étapes juridiques et administratives avant d’atterrir sur la plus décisive d’entre elles : celle relative aux accords des banques. En dépit des énormes efforts fournis par ses organismes en matière de financement aux microentreprises naissantes, près des trois quarts des dossiers déposés puis traités à l’ANSEJ finissent par périr dans les tiroirs. On pourrait, certes, remettre cela sur le compte d’un certain barème financier et fiscal auquel le jeune promoteur devrait inexorablement se soumettre, mais ça n’explique pas tout. Les futurs investisseurs contestent aussi certaines lenteurs au niveau des banques ainsi que le rehaussement de l’apport personnel qu’il doit mobiliser pour son projet. Qu’à cela ne tienne, les banques qui financent, dans l’écrasante majorité des cas, 70% du coût de l’investissement, ont été d’un apport plus que primordial dans le dispositif. Elles ont contribué, à elles seules, à injecter 3,858 milliards de centimes dans ces différents projets. L’apport de l’ANSEJ est de l’ordre de 1,234 milliard de dinars. Si l’on y inclut les fonds mobilisés par les promoteurs, la valeur économique de ces 4 148 projets caracolent à hauteur de 6,321 milliards de dinars. Lors des débats, les intervenants tout comme les invités se sont affichés convaincus que le secteur des petites entreprises, en sa qualité de générateur d’emploi, a de beaux jours devant lui à Tizi Ouzou. La wilaya, qui dispose de potentialités humaines et techniques avérées dans ce domaine, peut désormais aspirer à des perspectives plus prometteuses. En dépit de tous les tourments qu’elle a vécus, la région de Kabylie a réussi à s’illustrer de fort belle manière en matière de création de microentreprises, et ce, en se classant première à travers le pays. Que fera-t-elle alors quand elle va retrouver sa sérénité !
Khaled Zahem et Ahmed Benabi
Un taux de mortalité de 4% des entreprisesLe représentant de l’ANSEJ, M. Si Sghir Farid, a avancé le chiffre de 4%, le taux de mortalité des entreprises créées dans le cadre du dispositif de l’ANSEJ. L’inspecteur à la direction générale de l’ANSEJ, M. Chaâlal Tahar a estimé que ce chiffre est admissible en comparaison avec le taux de réussite dans le cadre de cette formule. La direction générale de l’ANSEJ a signé avec des municipalités des conventions de coopération dans le cadre d’externalisation de services tel que le nettoiement. Elle a signé une autre convention avec la direction générale de Naftal pour le transport du gaz butane, a conclu M. Si Seghir Farid.
37 activités commerciales à la pépinière de Tizi OuzouSelon M. Si Sghir Farid, représentant de l’ANSEJ, la pépinière de Tizi Ouzou est prête à ouvrir ses portes, dans quelques jours. Les locaux ont été aménagés, et le seul problème qui entrave le lancement de ce projet, c’est l’absence de l’alimentation en gaz et électricité que devait effectuer la Sonelgaz. La pépinière regroupera plusieurs micro-entreprises qui exerceront dans pas moins de 37 activités différentes. « L’octroi d’une autorisation d’exploitation ne sera pas anarchiquement, comme le pensent beaucoup de citoyens », a souligné le représentant de l’ANSEJ, mais, ajoute-t-il, elle est basée sur des critères bien définis, telle que l’ancienneté de l’attestation d’éligibilité. A l’échelle nationale, la pépinière de Tizi Ouzou s’ajoutera aux deux autres déjà existantes, à savoir celle de Contantine et de Relizane.
M. A. F.
