L’association « Iqra » au service des femmes

Elles s’appellent Zakia, Nassima, Aldjia, Djouher… Ces femmes consacrent tous leur lundi et jeudi après-midi pour revenir sur les bancs de l’école. Elles sont toutes des femmes qui ne savent ni lire ni écrire. Leur présence à l’école n’a eu lieu que grâce à d’autres femmes comme elles. Effectivement, ces dernières sont les animatrices de l’association Iqra « lis ». Cette section a été créée en 1998 pour s’éclipser en 2002. En 2004, d’autres volontés sont arrivées. Depuis, des dizaines de filles illettrées ont finalement appris beaucoup de choses.

Aujourd’hui, elles sont plus d’une cinquantaine à suivre des cours d’alphabétisation. Rencontrées à l’occasion du 20 avril au siège de Taneflit où elles ont participé aux festivités, ces animatrices nous ont fait part de leurs préoccupations et de tous les problèmes qu’elles rencontrent pour le seul but d’aider leurs sœurs à s’instruire. Interrogée sur la population ciblée, Melle Yahiaoui, en sa qualité de vice-présidente, nous répondit que la plupart étaient des femmes qui n’avaient jamais fréquenté l’école. « Les femmes qui viennent vers notre association avouent que leur seul désir était de lire au moins le journal », ajouta cette avocate. L’encadrement est assuré par des universitaires et des enseignantes bénévoles. Mais les membres d’Iqra aimeraient que les autorités leur accordent au moins quelques-unes dans le cadre du pré-emploi. Si ces femmes continuent à s’occuper de cette mission ô combien noble, c’est parc qu’elles sont courageuses. Tout en évoquant leurs problèmes, l’une d’elles a tenu à lancer cet appel. « Nous demandons un siège. Aujourd’hui, nous sommes domiciliées à l’école de filles », souffla l’une d’elles, avant qu’une autre n’intervienne pour nous parler de leurs projets d’avenir.

« Nous œuvrons pour ouvrir une section de couture pour les femmes sans niveau au niveau du CFPA », dit-elle avant d’enchaîner : « Nous avons un projet commun avec l’association Taneflit et le CFPA. Pour le local, nous utiliserons celui de Taneflit alors que nous aurons aussi besoin de l’encadrement. Il nous faudra un PEP ». Ces animatrices ont tout de même de l’ambition quand elles nous ont appris que leur autre objectif n’était pas seulement d’ouvrir des sections dans les villages mais aussi d’ouvrir des classes pour les hommes. Avant de quitter ces femmes, il nous a été donné d’apprendre aussi qu’elles ont, à chaque fois que l’occasion leur est donnée, marqué leur présence d’une pierre blanche. Elles ont participé à plusieurs célébrations : la fête du 8 mars, du 16 avril, du 20 avril et bien sûr de fin d’année. « Notre seul espoir est d’aider toutes ces femmes qui souffrent aujourd’hui parce qu’elles ne sont pas en mesure d’aider leurs enfants dans leur travail scolaire ou encore incapable de déchiffrer une recette de cuisine ou de lire une notice d’emploi d’un médicament… Soyons tous ensemble pour elles », tel est l’appel de toutes ces animatrices qui sont au service de leurs sœurs.

La vice-présidente d’Iqra a tenu à remercier au passage le directeur de la Maison de jeunes Arezki-Mansouri qui les a tout le temps aidées dans l’accomplissement de cette action.

Amar Ouramdane