Voilà plusieurs années maintenant que des enseignants et des étudiants demandent l’ouverture d’un département de langue et culture amazigh à Alger. Si par le passé, la proposition n’a pu aboutir, en raison du manque de personnel enseignant, ce motif ne se justifie plus : il y a assez d’enseignants, et de rang magistral, pour assumer cet enseignement et les départements de langue et culture amazigh de Tizi et Béjaïa, sont en mesure de fournir les assistants et les maîtres assistants qu’il faut. Continuer à confirmer l’enseignement de Tamazight aux seules universités de Tizi Ouzou et de Béjaïa, c’est, à cours sûr, nier le caractère national de cette langue, caractère proclamé par la Constitution et constituant l’un des acquis fondamentaux de Tamazight en Algérie. Alger, comme capitale de la République, offre cette particularité de réunir tous les Algériens, qu’ils soient arabophones ou berbérophones et, dans le cas des berbérophones, des locuteurs de divers dialectes. Elle mérite, à ce titre, d’être avec Tizi Ouzou et Béjaïa, en attendant que d’autres grandes villes s’y mettent aussi, l’un des centres d’enseignement et de recherche pour la langue Tamazight. On pourrait, dans un premier temps envisager un enseignement de post-graduation (magistère et doctorat), ce qui permettrait de désengorger les départements de Tizi et de Béjaïa, qui enregistrent, chaque année un nombre d’étudiants de plus en plus grand en licence. En tout cas, quelle que soit la formule choisie, on ne peut plus continuer à écarter Tamazight de l’université d’Alger où toutes les langues sont enseignées, à l’exception de Tamazight…
S. Aït Larba
