Afin de mieux répondre à l’évolution de la demande mondiale de gaz naturel, la compagnie nationale Sonatrach s’est fixée comme objectif d’exporter plus de 85 milliards de m3 de gaz à l’horizon 2010. C’est ce qui ressort de la déclaration de Chakib Khelil, ministre de l’Energie et des Mines, lors de son passage, hier, sur les ondes de la Chaîne III de la Radio nationale en passant en revue les perspectives de développement de la filière ainsi que les moyens mis en œuvre pour atteindre cet objectif.
Actuellement classée au troisième rang derrière l’Indonésie et le Qatar, l’Algérie compte devenir un « grand exportateur mondial » de Gaz naturel liquéfié (GNL) à l’horizon 2010. Sonatrach détient, avoue le ministre, des parts importantes en Europe et aux Etats-Unis avec respectivement 13 et 20 % des parts de marché en attendant de faire une intrusion dans marché asiatique qui se développe d’une manière constante. Estimant que le volume des exportations annuelles de gaz naturel s’élève à quelque 62 milliards de m3 dont la moitié en GNL contribuant à hauteur de 30 % des revenus générés par la vente des hydrocarbures, soit environ 18 milliards de dollars dont la moitié en GNL. L’invité de la rédaction prévoit que d’ici à 2010-2011, l’Algérie « deviendra un grand pays exportateur de GNL » avec la réception de deux mégaprojets dotés d’une capacité de production de 4. 5 millions de tonnes par an. S’agissant de l’acheminement du GNL par des oléoducs, qui risque de limiter le champ d’intervention au seul marché européen, Chakib Khellil a expliqué que les pouvoirs publics ont recours, dans ce domaine, à une politique de « diversification ». Plus rassurant, il dira que « notre politique est d’exporter 50 % de notre gaz à travers le GNL.
Comme pour le pétrole dont nous transportons la moitié avec nos propres bateaux pour ne pas dépendre des autres, on transporte aussi notre gaz avec des méthaniers. Nous construisons la moitié et les autres sont des charters, c’est-à-dire des locations. De cette manière, nous évitons les risques de manque de transport. » Dans le même contexte, le ministre concède que le GNL, rapporte, certes, un peu moins d’argent que le gaz naturel transporté par le gazoduc, mais il permet une « flexibilité » et une » diversification » du marché. Pour ce qui est du financement des projets en cours, Chakib Khellil a rassuré : « L’argent ne pose pas problème. » D’autant plus, explique-t-il, que Sonatrach qui « fait des bénéfices importants depuis cinq ans »,
sans compter ses « dividendes à l’Etat propriétaire » garde une partie de ses revenus pour le financement de ses projets. Ce qui a permis à la compagnie nationale de ne pas s’endetter.
« Sonatrach a réduit sa dette au strict minimum, soit 500 millions de dollars de dette, ce qui reste négligeable sur un volume total de 54 milliards de dollars de revenus », a-t-il, en effet, déclaré. Ce n’est donc pas l’argent ni la technologie qui font défaut mais le manque d’équipements et de matériels, étant donné que « beaucoup de projets se font dans le monde, au Qatar, en Guinée équatoriale, au Pérou et en Russie », a-t-il conclu.
Nabila Belbachir
