Un club face à son destin

Aussi surprenant que cela puisse paraître, et ça n’a jamais été le cas pour d’autres formations sportives, notamment de football, le RC Seddouk est lâché par tous au point et à titre d’illustration que les jeunots seddoukois ont été livrés à eux-mêmes lors de la rencontre non moins importante de jeudi passé jouée à domicile face à la coriace équipe du CRB Aokas. Sans entraîneur, ni membres de comité, d’ailleurs la présence du président s’est fait désirer, seuls quelques bénévoles étaient là à orienter maladroitement et anarchiquement les joueurs. Mais si les éducateurs ont failli à leur mission, qui est avant toute chose d’aider leur équipe dans les moments les plus difficiles à l’image de cette rencontre de la dernière chance jouée contre Aokas, les belliqueux jeunots, dignes représentants de l’arch de cheikh Belhaddad dans cette compétition et avec courage et abnégation ont malmené le onze du géant leader auquel ils ont donné une bonne leçon de football dont les littoraux se souviendront toujours car sans les maladresses d’un arbitre qui a plus que lésé les locaux, la victoire était largement à la portée des Seddoukois. Les supporters aussi étaient à féliciter eux qui se sont mobilisés pour assister leur club fétiche dans son dernier retranchement. Quant au président du club, nous ne pouvons que lui dire ceci : « M. Kebbi, vous avez juré de rester jusqu’à ce que le club rejoigne le palier inférieur. Chose dite, chose faite. Maintenant, le seul service que vous pouvez rendre au football seddoukois en général et au RCS en particulier est de rendre votre mandat de président à qui veut bien travailler honnêtement pour faire émerger de jeunes talents locaux qui ne demandent que ça ». A toutes fins utiles, Seddouk, de par sa grandeur dans l’histoire en touts points de vue, a besoin aussi d’un grand club comme celui de jadis qui a formé les Kadi, Benacer et tant d’autres. Le RC Seddouk vit une crise sans précédent et personne ne veut le secourir. Ainsi, les autorités locales et la société civile s’avèrent impuissantes devant les problèmes incommensurables qui le consument à petit feu. Le plus grave encore, quand on entend son président dire devant les autorités locales et sportives que le RCS est endetté de 600 000 DA, un chiffre effarant auquel le club ne pourra jamais subvenir avec les maigres subventions qu’il reçoit chaque année, lesquelles ne peuvent même pas permettre le bon fonctionnement du club en temps normal. Les premières victimes étaient les entraîneurs qui se sont succédés et qui n’ont jamais touché un rond.

Les joueurs aussi sont considérés comme de simples bénévoles et n’ont jamais perçu un centime. « Où est allé donc l’argent des subventions », se demande le commun des mortels.

L. Beddar