Vote sans enthousiasme et heurts à Naciria

Résultats du scrutin législatif, 3 voix le FLN, deux pour le PT et un chacun pour le RND, le FLA et le MSP. Même si l’événement relatif à l’élection législative revêt a priori un enjeu de premier ordre, celui-ci ne semble pas avoir motivé davantage les citoyens de Boumerdès a affluer vers les bureaux de vote.

Constat confirmé par l’annonce, à 20h, du taux de participation de 23,96% dans cette wilaya.

A 14h, ce taux frôlait 14%. Durant la matinée, les centres de vote étaient pratiquement vides. Et ledit scrutin aura été pendant presque deux heures, perturbé à Naciria, précisément dans les douars avoisinants de Boumraou et Taâzivt, par un groupe de jeunes en colère. Un élément d’une patrouille de gendarmes, intervenu en milieu de journée pour y rétablir l’ordre sera blessé, a-t-on indiqué.

Au chef-lieu de la commune, on ne se bousculait pas devant les centres de vote. Le pointage s’y effectuait à une cadence lente, très lente. Mais cette quasi abstention s’ajoutant aux heurts enregistrés dans les douars précités, n’est le fruit d’aucune consigne d’un quelconque mouvement politique. « C’est juste l’expression en cette journée du 17 mai, de la colère des villageois contre la gestion des autorités, abandonnant cette contrée à son triste sort »,

a-t-on argumenté. Ledit scrutin n’a pas été par ailleurs, indemne de dépassements. Le portrait du chef de l’Etat est accroché à l’entrée de l’école Boutoutaou principal centre de vote à Tidjelabine, alors que ce procédé a été interdit par le président du Haut conseil constitutionnel. Chose plus outrageante encore, le responsable d’un comité de soutien à Djiar, tête de liste locale du FLN, brandissait ce jeudi la photo du président de la République et distribuait en même temps dans une salle attenante au bureau de vote, des repas aux jeunes, tout en les incitant à voter en faveur du plus vieux parti. Autre dépassement : Le chef d’un centre de vote à Boudouaou – fortement soupçonné de favoriser le FLN – avait refusé de procéder à la vérification du contenu de l’urne, et ce, devant les représentants, d’autres partis, avant l’arrivée des électeurs. Le parti-pris de l’administration s’est fait encore une fois ici et là, ressentir, particulièrement dans les centres de vote des femmes, majoritairement analphabètes dans les communes environnantes.

De nombreux jeunes qui refusent d’être dupés pour la énième fois, se sont abstenus spontanément de donner leurs voix. Ils disent qu’ils préfèrent « regarder ailleurs ». Les chefs de centres interrogés n’ont pas pu expliquer, eux ce fort taux d’abstention.

Mais l’on peut saisir au vol cette déclaration qui revient sans cesse sur les lèvres des citoyens à Ammal, Béni Amrane ou Thénia. « Le candidat à la députation une fois élu dans cette région ne pense qu’à se remarier puisqu’il jouit d’une fortune de Nabab ». Et l’on refuse d’être complices de ces gens qui par cet acte vont laisser leurs petites familles. Et « d’ailleurs ont-il jamais défendu les droits des citoyens au niveau de l’hémicycle », s’interroge une dame, apparemment cultivée. Le faible taux de participation à ces joutes est, ainsi, tangiblement justifié.

Salim Haddou