Le marché devient une décharge publique

La situation au marché hebdomadaire de fruits et légumes de Tala-Athmane se détériore de jour en jour. A défaut du ramassage régulier des multiples détritus abandonnés chaque vendredi par les intervenants, l’insalubrité règne désormais en maître absolu, à tel point que l’espace a fini par perdre sa vocation première pour se transformer en une véritable décharge publique, débordant sur le chemin de wilaya.

La vue y est désolante. Des dizaines de kilos de pommes de terre et de tomates avariées, des eaux usées, des cartons, des bâches en nylon, des épluchures, des résidus de divers fruits et légumes… bref des tas d’ordures jonchent continuellement les lieux, les bas-cotés, et parfois carrément la chaussée.

Inutile de vous parler, dans ces cas-là, des odeurs nauséabondes dégagées par ces amas de détritus. Le décor n’est pas du tout beau à voir et le milieu se mue graduellement en un véritable foyer propice à la prolifération de maladies les plus dangereuses.

Il y a vraiment urgence de remédier à la situation au risque de voir cette dernière s’aggraver davantage. Les habitants et les commerçants jouxtant ces lieux ont encore en mémoire la mystérieuse leptospirose qui avait causé la mort d’un jeune, et des dizaines hospitalisations dans la région, il n’y a pas de cela si longtemps. Une grande panique s’est ensuite emparée de la région.

Une commission ministérielle, le wali, les autorités locales dans leur ensemble se sont d’ailleurs déplacés sur les lieux pour s’enquérir de la situation. A ce moment-là, la cellule de crise mise sur pied avait conclu à l’infection des sources d’eau due à la saleté ambiante comme origine de l’apparition de cette maladie.

Le wali avait alors personnellement instruit les différentes administrations et services de concrétiser une batterie de mesures urgentes afin de juguler le mal. On avait à ce moment-là même, procédé à la dératisation du village.

Quelques jours après, l’urgence passée, l’attention des autorités a visiblement baissé de plusieurs crans. Faudrait-il encore d’autres épidémies, d’autres morts pour procéder de nouveau au ramassage des ordures dans cette localité, particulièrement au niveau de ce marché hebdomadaire ? Pour l’esthétique du paysage ou encore pour préserver la nature, il faudrait sans doute repasser dans quelques années pour peut-être en reparler.

M. O