C’est avec une ferme détermination que les habitants du village Assif Assemadh, 5 km à l’ouest du chef-lieu de la commune de M’chedallah, se sont soulevés pour empêcher que soit détruit un tronçon de la route de Selim, nouvellement tapissée (il y a moins de six mois) par l’entreprise chargée de la réalisation du projet d’assainissement de cette localité. Pourquoi avoir attendu que cette route soit revêtue en (bitume) pour lancer
immédiatement après les travaux d’assainissement qui nécessitent plusieurs traversées sur la route flambant neuve, s’insurgent les riverains qui ne contiennent plus leur colère et pointent du doigt les services chargés de la planification de ces projets de développement et modernisation qui ne sont nullement regardant sur le massacre et la dégradation d’infrastructures neuves pour la réalisation de nouveaux projets. Les services techniques ferment les yeux et font tout pour faciliter la tâche aux entreprises de réalisations, quitte à détruire ce qui est déjà construit, livré et opérationnel et les exemples ne manquent pas à l’échelle nationale, y compris au niveau de la capitale. Quant à la remise en état des lieux après les travaux de réfection, les cas sont très rares où elle est exécutée. Ce qui présente un danger imminent pour la population, tel que les trous béants dans la chaussée ou sur les trottoirs, des gravats, des remblais ou autres débris de matériaux abandonnés sur la voie publique.
Quant au déblaiement, il ne sert qu’à soutirer de l’argent à l’Etat. Pour revenir aux riverains d’Assif Assemadh, ils font preuve d’un civisme exemplaire en protégeant leur route et en s’interposant entre elle (la route) – et les gros engins des travaux publics tout en faisant circuler une pétition de dénonciation signée par des dizaines de personnes et qui serait remise aux autorités locales. Ce genre de « comportement citoyen » doit s’amplifier et s’étendre à tous les domaines pour lutter contre le laxisme des pouvoirs publics, dans bien des cas la passivité de ces derniers ne peut être interprétée que comme une complaisance envers les destructions du patrimoine national.
Dans un pays où tout se vend et s’achète, même les consciences, il ne reste plus qu’à espérer que l’humble citoyen prenne… conscience et qu’il joigne sa voix à celle de la presse privée pour combattre le laxisme, la négligence, l’anarchie et le peu de sérieux avec lesquels sont menés les travaux de réalisations d’infrastructures d’utilités publiques qu’il faut dénoncer sans cesse et autant de fois qu’il le faudra, car réalisées avec l’argent du contribuable et celui tirés des ressources naturelles collectives.
Omar Soualah
