Jamais l’environnement à Bgayet n’a été si ostensiblement profané et le cadre de vie si lamentablement souillé par des déchets hétéroclites, produits directs de notre consommation quotidienne ou générés par l’activité commerciale et industrielle.
Les collectivités locales auxquelles incombe la mission – Oh ! combien ardue – de collecte, d’enlèvement et d’élimination des ordures, éprouvent toutes les peines du monde pour assurer un environnement sain pour leurs administrés.
C’est à peine si elles arrivent à « balayer » devant leurs portes et soustraire à la vue les monticules d’immondices produites journellement. Les décharges publiques intercommunales dites « contrôlées » arrivent vite à saturation et deviennent de ce fait incontrôlables.
Les décharges sauvages peuvent alors se multiplier à l’infini, donnant à de nombreuses agglomérations l’allure de poubelles géantes. L’enfouissement technique, dernière trouvaille préconisée comme palliatif, en est encore à ses balbutiements. Dans les rares communes où cette option a été retenue, sa concrétisation a buté sur l’opposition farouche des riverains contestant le site choisi pour l’implantation de la décharge.
Partout ailleurs, l’incinération est le seul procédé de rigueur utilisé pour l’élimination partielle des déchets. L’affreux spectacle offert par les décharges fumantes de Boulimat, Akbou et jusqu’à un passé récent, Sidi Aïch, illustre de manière désarmante le long chemin qui reste à parcourir pour venir à bout de ce problème. De larges zones constamment enveloppées dans des volutes de fumée se répandent au gré du vent.
Par delà la pollution visuelle et son caractère incommodant, une telle élimination génère des polluants chimiques autrement plus nocifs pour l’environnement et la santé publique. Outre qu’ils contribuent à l’effet de serre, certains polluants volatiles, issus de la dégradation pour combustion des hydrocarbures (matière plastique), sont hautement toxiques et peuvent, de ce fait, être à l’origine de l’émergence de graves pathologies. Même les émanations fétides (odeurs d’œufs pourris) de sulfure d’hydrogène produit par la putréfaction des déchets, sont à même de nuire gravement à la santé des riverains proches du site de la décharge.
Partout, les canettes de bière
Les canettes de bière constituent incontestablement la nouvelle forme de pollution la plus spectaculaire et dont on ne sait que faire. A bord des routes, caniveaux, prairies, ravins, forêts…, des bris de verre, des tessons et des bouteilles entières « écument » tous les espaces.
L’avènement de ces canettes « jetables » a généré de nouvelles mœurs qui dénotent l’incivisme et l’ignorance crasse des atteintes à l’environnement. Le péché véniel de certains amateurs de mousseuses, sans doute grisés par l’effet de l’alcool, est d’abandonner avec une légèreté déconcertante les bouteilles vides sur le lieu même de leur défoulement orgiaques. La dérive comportementale nous vient toutefois de ces chauffards et buveurs invétérés qui, après avoir avalé le breuvage au volant de leur véhicule, balancent le contenant par dessus bord. Belle leçon d’incivisme confinant à la tragi-comédie !
Et la responsabilité des décideurs dans tout ça? Pourquoi a-t-on autorisé la mise sur le marché d’un emballage non recyclable et qui, par conséquent, finira immanquablement par polluer l’environnement ?
Qui peut prétendre ignorer que notre pays est à mille lieues du tri sélectif et du recyclage des déchets, notamment de verre ? le fait est que l’environnement est regardé par le petit bout de la lorgnette.
Et on ne finira sans nul doute pas de payer les coûts des retombées négatives induites par tant d’inconséquence et d’incurie.
Nacer Maouche
