Tigzirt, une importante station touristique

Tigzirt est une station balnéaire située à une quarantaine de kilomètres de Tizi Ouzou et près de 100 au nord d’Alger. C’est une ville touristique que des centaines de milliers d’estivants choisissent chaque année pour y passer leurs vacances, dans un environnement à la fois mouvementé et serein. L’office local de tourisme estime le nombre d’estivants qui séjournent chaque été à Tigzirt, à plus de 250 000. Sa superficie est de 45 km2. Elle est limité au nord par la mer méditerranée, à l’est par la commune d’Iflissen, à l’ouest, par la commune de Mizrana et enfin au sud par les communes de Makouda et de Boudjima. La région est dotée par Dame Nature de paysages pittoresque, qui la distingue des autres stations balnéaires du pays. Elle compte trois plages autorisées à la baignade. A savoir la Grande plage, la plage Féraoun et la plage Tassaleste.

Sa richesse est multidimensionnelle. Elle recèle en elle des trésors archéologiques, historiques et ce en plus de sa situation géographique stratégique et de ses paysages fascinants. Tigzirt signifie « ile » en berbère. Elle a tiré son appellation de ce bout de terre d’une superficie de près de 500 m2, qui se situe à quelques centaines de mètres de la rive, cet ilot est appelé en berbère Tigzirt N’daxel ou Tigzirt basse ». Certains des vestiges de Tigzirt remontent à deux siècles avant J. C.

A l’époque romaine, Tigzirt s’appelait Iomnium, qui veut dire « cité », en langue latine.

La première structure d’occupation romaine à Tigzirt est une caserne du IIe siècle après J. C. Une fois la paix rétablie, la population locale établit des relations avec la garnison du casernement, ce qui a permis le passage de l’établissement militaire à un village civil géré par des magistrats nommés par les autorités de Resuscuru (actuelle Dellys). Cette période a vu la naissance de maisons cossues appartenant aux notables de Dellys à l’exemple de la maison de Julius Felix. Vers le début du IIIe siècle après le développement de son tissu urbain, la localité obtient le statut de municipe Romain. La ville est gérée par un conseil élu au sein de sa population.

Au IVe siècle, il y a eu la construction d’une église à l’emplacement de la Basilique actuelle. Tigzirt renferme toute un page d’histoire durant la période vandale. A partir du 11e siècle, la région a connu la civilisation musulmane, qui a vu la naissance de plusieurs zaouias et lieux sacrés, qui ont pris de nos jours, en plus de leur caractère religieux, des faits historiques prisés par les visiteurs.

De la civilisation berbère, née au 2e siècle avant J. C., jusqu’aux sites les plus récents, Tigzirt, recèle des pages d’histoires riches et diverses. En plus de ces trésors, les responsables de la circonscription et les autorités de wilaya, s’efforcent ces dernières années, à faire propulser Tigzirt, vers une économie touristique. C’est ainsi qu’on a dégagé des projets pour l’aménagement des plages et la réhabilitation des ruines romaines. Même la nuit, Tigzirt, est une ville qui ne dort pas. En effet, l’occasion de la saison estivale, des soirées artistiques et culturelles sont organisées dans différents lieux. Pour cette saison, la Direction de la culture a dégagé un plan d’animation culturelle spécial, nous a-t-on indiqué. Cela sans omettre de signaler que l’Agence de l’archéologie est désormais érigé en office, avec un but lucratif et économique, et ce en plus de la protection des sites. Ce nouveau statut garantira en effet à cette structure plus de prérogatives en vue de gérer ces lieux et participer à l’animation de la saison.

De l’avis de plusieurs observateurs, Tigzirt connaîtra pour cette année une saison estivale plus animée, compte tenu des mesures d’organisations prises par les autorités locales. C’est ainsi que Tigizrt est fin prête pour recevoir les centaines de milliers d’estivants, en quête de détente et d’évasion.

Mourad Hammami