Les handicapés régularisés

Après plusieurs mois d’attente, les handicapés de la commune de Aïn El Hammam viennent de recevoir leur dû. Mercredi dernier, de bonne heure, nous les avons rencontrés devant l’APC, attendant l’arrivée d’un quelconque responsable qui pourrait leur annoncer la bonne nouvelle.

Nous avons pris attache avec Aomer Zoulim, responsable de la commission sociale, au niveau de l’APC, pour savoir où se situait le blocage. Notre interlocuteur nous apprend que le retard ne dépendait pas de son service et qu’il se chargeait de régler la question. Ce qui fut fait, puisque vers treize heures trente, un handicapé moteur est venu nous apprendre qu’il venait de recevoir l’équivalent de six mois que lui devait l’APC.

Au-delà des retards qui deviennent fréquents, nous ne devons pas occulter les conditions de vie de cette frange de la société. Avec une aide de l’Etat ne dépassant pas les trois mille dinars par mois, la plupart d’entre eux vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Un marchand de fruits et légumes sur la place de Michelet nous dit connaître la plupart de ces personnes. « Je prends en charge mon frère par solidarité familiale », nous dit-il. Ce n’est malheureusement pas le cas de tous les autres. Un autre handicapé, l’air gêné, avoue : « D’habitude, je ne demande pas la charité. Si on m’offre quelque chose, je ne le refuse pas. Cependant, ces derniers jours, j’ai été contraint de tendre la main pour pouvoir me payer le minimum ». il est célibataire.

Mais il existe beaucoup de pères et de mères de famille que l’accident ou la maladie a surpris sans assurance sociale. « C’est le changement radical dans ma vie, du jour au lendemain », affirme un autre. Peut-on, avec le coût actuel de la vie, vivre décemment avec « un pécule » de 3 000 dinars quand les travailleurs réclament un Smig à 20 000 dinars ? Les plus chanceux sont assistés par leurs proches qui leur permettent, entre autre, de se déplacer. Les autres sont cloués chez eux. Tous ne peuvent espérer exercer une activité lucrative, même si on leur en proposait.

Atteints de handicaps différents, nous les rencontrons chaque jour, presque sans les voir. Ils sont de plus en plus nombreux à sillonner nos rues mais n’empêchent pas de dormir ceux qui devraient jeter sur eux un autre regard. La prise en charge correcte par l’Etat, de ces oubliés de la société pour leur permettre de vivre dignement est impérative.

En ville ou dans nos villages, les bienfaiteurs sont si attentionnés qu’aucun de nos concitoyens de risque de mourir de froid ou d’inanition. Ils refusent d’être pris en charge par le biais de la charité. « Nous sommes des Algériens. Nous espérons plus d’égards de la part de l’Algérie », conclut un jeune sur son fauteuil roulant.

Nacer B.