Selon le directeur du CRAAG en faisant le point sur le séisme du 21 mai 2003, dans le cadre de cette Journée tenue à l’auditorium de la wilaya de Boumerdès. « Pas moins de 7000 répliques ont été enregistrées de 2003 à 2004, et moins d’un millier pour la période allant de 2004-2005, comme il ressort d’une étude faite sur les structures des foyers actifs, que le seisme de Boumerdès est généré par une faille marine. La principale faille a été provoquée par une déchirure marine, issue d’interactivités entre le substratum rocheux et la croûte terrestre, pour la libération de l’énergie» soulignera en substance le responsable du CRAAG. Toutefois, le fait remarquable sur lequel a insisté ce dernier, c’est que le seisme de Boumerdès n’est pas isolé, il s’inscrité plutôt dans le cadre de la sismicitée continue du nord de l’Algérie, notamment au niveau de la frange littorale, c’est-à-dire dans la continuité des seismes qui se sont produits avant avec un pic (7,5) enregistré à Chlef. Comme il s’inscrit également dans le contexte sismique de la région algéroise, séisme de (1365,1716, et 2003). Et bien que le séisme de 2003 ait donné lieu, a une série de répliques qui se produisent sur la faille, suivant un cycle de stabilisation, il n’en demeure pas moins selon toujours le conférencier, que 50 microsecousses avaient été enregistrées en 2004. Ces dernières sont de nouveaux petits séismes et non des répliques. A cet effet d’ailleurs, la wilaya de Boumerdès s’est dotée récemment d’une station pour pouvoir suivre la microsismicité de cette région. Par ailleurs, intervenant lors de la première séance de cette Journée, Nacer Laouani, cadre au CGS (centre de recherche appliqué en génie parasismique) qui est doté d’un réseau national de 335 accelérographes parasismiques, dont 300 sont opérationnels, a précisé que l’amplification des ondes sismiques ou selon le jargon scientifique l’accélération des ondes est assez-forte pour les wilayas d’Alger et Boumerdès, classées comme zones très vulnérables dont l’effet du site peut aller jusqu’a la liquéfaction du sol à l’image de ce qui s’est produit à Zemmouri dont les bordures de route ont été fissurées. De ce fait, le classement de ces deux wilayas est passé de la zone 2 à la zone 3. Ainsi, situe-t-on également la période de retour à 200 ans. Dans le même sens, Azzedine Boudiaf, chef de projet d’un groupement scientifique franco-algérien, a mis en exergue l’etendue de la vulnérabilité de la région d’Alger et Boumerdès, face aux risques majeurs et catastrophes naturelles à un enseignement résultant d’une étude approfondie de l’évolution de la carte topographique de la région algéroise et ses environs durant deux périodes, respectivement de 1960 à 1987, de 1987 à 2004, en utilisant des images satellite IKONOS, appuyées par l’application de l’interferométrie radar satellite aire de précision : des radars qui donnent des rapports chaque 35 minutes sur le même point. Enfin, «pour développer une politique de prévention il est plus que nécessaire de recenser l’état des lieux, et faire l’étude de l’ensemble de la cartographie sismique nationale ». Evoquant aussi, une microzonation de Boumerdès et Alger qui sera opérée incessamment, une entreprise qui verra l’intervention du ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme et d’un organisme japonais. Quant au renforcement de la loi N°04-05 du 14 août relative à l’urbanisme, un nouveau texte concernant les ouvrages d’art, sera élaboré par le ministère des Travaux publics, pour introduire la rigueur en matière de contrôle technique des constructions ainsi que les sites devant accueillir les équipements et bâtis. Comme il est mis l’accent sur l’habilitation des agents de l’administration de l’urbanisme d’intervenir sur le terrain en dressant des PV.
S. B.
