C’était les années 60, les sixties et l’éclosion d’une contestation sociale tous azimuts et le foisonnement de mouvements de défense des libertés individuelles, la “Woman’s Lib” en tête qui exercèrent une pression telle que dès 1961, les législations de nombreux pays avaient déjà adopté cette méthode efficace et moderne de régulation des naissances, sujet d’interminables controverses à cette époque. Cinquante ans plus tard, la pilule ou contraception orale (C. O.) hormonale alimente toujours les polémiques, notamment autour de son implication dans certains cancers ou maladies cardiovasculaires. Seulement, et la recherche médicale l’a scientifiquement prouvé, aucun médicament pris à aussi large échelle que la pilule ne présente autant d’efficacité et d’innocuité. La pilule, sans aucun doute l’innovation médicale qui a eu les conséquences sociales les plus importantes du XX siècle, produit consommé par plus de 65 % des femmes de la planète en âge de procréer, fut innocentée des accusations portées contre elle. En effet, d’importantes études épidémiologiques dont l’une managée par l’organisation mondiale de la santé (OMS) au début des années 80, confirmèrent que la prise régulière de la pilule n’augmentait pas le risque d’apparition du cancer du sein. Non seulement, la pilule est lavée de tout soupçon mais ces études démontrent son effet protecteur sur la risque d’apparition des cancers génitaux (cancer de l’ovaire, cancer du col, de l’endomètre). A travers l’impulsion de l’OMS, tous les pays lancèrent des programmes nationaux de planification familiale, seulement, avec des succès divers, et l’écart des progrès réalisés est très important (76 % de prévalence de la contraception orale pour les pays de l’UE, 20 à 45 % pour les pays du Maghreb, et seulement 10 à 15 % pour les pays noirs africains) ; ces programmes de planning familial utilisent de nombreuses méthodes telles celles naturelles ou traditionnelles (abstinence, calendrier) ou d’autres méthodes modernes à savoir la stérilisation (vasectomie chez l’homme, ligature des trompes chez les femmes), les contraceptifs ou dispositifs intra-utérins ou stérilets, les préservatifs masculins, les capes cervicales féminines et dernière méthode approuvée : les contraceptifs hormonaux injectables (progestérone-retard) efficaces pendant trois (3) mois après une seule injection intra-musculaire;
La pilule : plus convoitée
Ce dernier contraceptif présenti comme la méthode d’avenir du fait de son efficacité comparable à senti stérilisation et de son côté pratique (une seule injection par trimestre) n’a pas eu beaucoup de succès dans les consultations selon un médecin gynécologue. Pourquoi ?
“La véritable solution d’avenir qui reste au stade expérimental viendrait de l’immunologie” soutient-il avant de poursuivre “le système immunitaire en produisant des anticorps capables de se lier aux protéines de la reproduction pourrait bloquer leur fonctionnement”. Parmi toutes ces méthodes nous explique-t-il encore, la pilule reste la plus utilisée par toutes les femmes de la planète. Le seul inconvénient prouvé scientifiquement est qu’elle favorise l’apparition d’une insuffisance veineuse dans les membres inférieurs (thrombose veineuse, varices) fait qui nécessite un suivi médical régulier et le choix vers d’autres méthodes de contraception le cas échéant. Le suivi médical, lors de la prise régulière de la pilule rencontre des avis partagés, notamment la prescription de nombreux bilans (bilan lipidique… glycémie, bilan hépatite…). C’est trop ou trop peu disent les uns ou les autres. L’approche consensuelle se tourne plutôt vers la recherche de facteurs de risque chez les femmes sous contraception orale, c’est-à-dire, précise-t-on encore, recherches des antécédents familiaux de diabète, de maladie métabolique de maladie cardiovasculaire de pathologie hépato-biliaires, d’affections psychiatriques, d’épilépsie… susceptibles d’être aggravés par la pilule. Grâce à la mise au point, actuellement de la pilule 2e génération puis de la 3e génération qui ne contiennent pas plus de 20 à 30 microgrammes d’éthinyl œstradiol contre 50 pour la pilule de la 1e génération, l’emploi de la pilule à large échelle ne présente aucun risque même pour les femmes à haut risque de thrambose veineuse. La pilule ainsi que les autres moyens de contraception efficaces seraient d’un appoint indispensable pour les programmes nationaux de planification familiale dans les pays en voie de développement où les chiffres de prévalence de la contraception restent très faibles (10 %) pays dont les populations 5 milliards des 6 milliards que contient la planète, s’entassent dans les grandes métropoles du tiers-monde (Rio, Calcutta, Le Caire, Lagos, Mexico…) sur un fond de pauvreté, de maladies, de pollution, de violence de criminalité et autres fléaux où les toxicomanes tiennent le haut du pavé. Le développement durable préssenti depuis le sommet de la planète de Rio en 1992 pour sauver le sort des futures générations et préserver la dilapidation des ressources semble en fait une équation où il n’y a que des inconnues :
P = pour population et démographie explosive
P = pour pauvreté et chômage
P = pour pollution et gaspillage des ressources.
S. K. S.
