La misère au coin de la rue

Ces derniers jours, particulièrement les jours de marché, nous avons remarqué le retour « en force » des mendiants dont le nombre s’était réduit, durant l’hiver.

La mendicité n’est pas un phénomène propre à Ain El Hammam mais ici, elle prend des proportions alarmantes.

Le nombre de ceux qui sillonnent les rues de la ville, est si important qu’on ne peut plus faire 20 mètres sans en rencontrer un. Certains ont des postes fixes, d’autres font du porte-à-porte.

De la mosquée au bar, en passant par tous les commerces, ils semblent faire la queue et se présenter à tour de rôle, chez les potentiels bienfaiteurs.

Si certains, de vrais démunis, acceptent ce qu’on leur offre, les autres par contre, vous « rackettent » plus qu’ils ne vous quémandent. Tous veulent de l’argent. Les denrées alimentaires, ils n’en ont que faire. On reste perplexe devant ces mendiants au physique à faire pâlir des sportifs, qui vous agressent plus qu’ils ne vous sollicitent.

D’autres vous fusillent du regard car vous leur avez refusé d’aumône. On ne sait plus combien ils sont ni qui est, vraiment, dans le besoin.

On sait toutefois une chose, c’est que la plupart de ces femmes et de ces hommes sont étrangers à Ain El Hammam. Ils arrivent le matin et disparaissent le soir. Personne ne sait d’où ils viennent.

Malgré tout, les âmes charitables ne peuvent rester insensibles devant ces enfants en guenilles, sur les genoux de leurs mamans. Sont-elles leurs mamans ? « J’en doute », dira un ami qui pense qu’il est difficile à une maman d’avoir le courage d’exposer ainsi son fils, à toutes sortes de maladies au milieu de la boue, de la poussière et des immondices.

Pourtant dans cette « foule » de mendiants, il doit y en avoir qui sont vraiment démunis et qui ont besoin de nous.

« J’aimerais les aider mais quand je vois la stature de certains, le doute m’envahit. ll me semble que j’ai à faire à des truands », affirme un père de famille révolté par un jeune à la corpulence d’athlète et qui tend une main, prenant soin de cacher l’autre, sous son tricot, comme s’il était manchot.

Ils choisissent les abords de la mosquée, de la poste ou tout autre endroit fréquenté. Leur nombre augmente au fil des années. La misère a gagné bien de foyers et le nombre de démunis semble s’élargir. N’y a-t-il rien à faire pour eux ? Ils semblent être à la charge de leurs concitoyens alors que c’est à l’Etat qu’incombe cette mission, surtout les handicapés, en leur octroyant une pension décente, à même de leur éviter cette déchéance. Quant aux enfants, parfois des bébés, qui servent d’appât, leur place est ailleurs.

Les pouvoirs publics doivent intervenir pour les protéger en envoyant à l’école ceux qui doivent y être et faire en sorte que les autres soient éduqués, ailleurs que dans les marchés, dans la poussière et les odeurs nauséabondes.

Nacer B.