La région d’Aïn El Hammam a passé un week-end des plus chauds, en ce début du mois d’août. La nuit est tombée plus tôt que d’habitude suite à un épais brouillard de fumée qui a recouvert entièrement la région.
Les feux qui se sont déclarés un peu partout, depuis plusieurs jours, ont fini par inquiéter la population de par leur ampleur et leurs nuisances. De nombreux foyers ont été localisés tout autour d’Aïn El Hammam, à Boudafal et Aït Sidi Ahmed, notamment. Jeudi après-midi, l’air était irrespirable, engendrant des malaises chez les personnes âgées et les malades. Toute la région était recouverte par cette fumée tellement dense que la visibilité s’en était trouvée très réduite. La fumée qui vous gratte la gorge et vous picote les yeux, finit par devenir angoissante. Le soleil était devenu subitement pâle, suite à ces nuages dégagés par les incendies qui achèvent de brûler les derniers maquis de la région. Les cendres emportées par le vent se déposaient sur la route et les balcons à des kilomètres des foyers d’incendie. La température n’a baissé de quelques degrés que le soir, vers vingt-deux heures, permettant ainsi aux gens de souffler, après une journée bien chaude. En dehors des désagréments causés à la population, ces feux ont surtout détruit de nombreux oliviers, et chênes, qui peuplent nos forêts réduites à de simples maquis. Nous assistons chaque année au même scénario destructif. L’été laisse toujours des séquelles dans ce qui reste de végétation, laquelle se rétrécit comme une peau de chagrin. Ce n’est qu’après les premières pluies qui, par le phénomène d’érosion, continueront l’œuvre destructrice entamée par le feu, que nous nous rendrons compte de l’ampleur de ces dégâts irréversibles. Sans politique de reboisement sérieuse et urgente, nous ne retrouverons jamais ces paysages verdoyants dont nous étions si fiers, il y a de cela une dizaine d’années, seulement.
Nacer B.
