Devant l’absence d’un cadre organisationnel et régulateur des espaces de stationnement, des parkings de fortune sont érigés à chaque recoin de la ville de Béjaïa (Tobbal, Edimco…), même les villes cotières, en cette saison estivale, n’échappent pas à cette logique.
Pour des fins purement lucratives, les terrains en contre-bas des routes nationales (RN 9, R 24) sont pris d’assaut, à l’effet d’être transformés en parkings. Les automobilistes dans leur quête d’une aire de stationnement se voient assaillis par des jeunes – pseudo gardiens de parking – réclamant de 20 à 50 DA, pour arguent-ils, « service rendu ».
Ces gardiens de parking, usent de tous les procédés ; exhibition d’autorisation mais difficile de vérifier l’authenticité, badges plastifiés, ticket à la main et dans la plupart des cas le recours à des méthodes musclées, allant jusqu’aux agressions et vols. Les squatteurs de ces aires de stationnement sont de tous âges. Ils sont là, pour la majorité, de 7h du matin jusqu’a 22h du soir, voire minuit. Leur salaire oscille entre 1 000 et 2 000 DA recettes / jour. Tous avancent la même formule « nous sommes là pour le bien des automobilistes », et d’ajouter « nous veillons à ce que les biens des citoyens soient protégés ».
Se sentant parfois gênés de l’étiquette de squatteurs qui leur colle à la peau, ils se disent « prêts à exercer dans un cadre légal ». Pour leur part les automobilistes se plaignent, du fait que le phénomène prend de l’ampleur. « A chaque stationnement on nous oblige à débourser 20 ou 50 DA », dira un automobiliste. Un autre renchérit, « on est pour la formule de parking gardé et payant, mais pas de la sorte ».
Où réside le problème ? Le hic est que ceux qui refusent de payer sont insultés et malmenés, voire agressés. En effet, pour ce soi-disant service rendu, les jeunes gardiens de parking s’adonnent à des actes de vandalisme indescriptibles. Ce phénomène n’est un secret pour personne, mais rien n’est fait pour protéger le citoyen. Ce qui laisse présager que les autorités compétentes se résignent au fait accompli et n’arrivent pas à enrayer ce phénomène. Devant ce clivage à peine voilé, une question s’impose, sommes-nous, pour ou contre les parkings ? Un dilemme.
Les avis des uns et des autres divergent. Quelques-uns exigent des parkings de stationnement. C’est d’ailleurs, dans ce cadre que s’inscrit la grève des transporteurs de marchandises, lesquels avaient déclenché un mouvement de grève de trois jours, (du 28 au 30 juillet dernier) tout en menaçant l’administration de déclencher une autre grève de (06) six jours, si leur revendication ne serait pas satisfaite. Les autres se disent « contre les parkings, tels qu’ils sont gérés actuellement ». Ils préconisent des solutions en adéquation avec leurs exigences. Il est question pour eux « d’aires de stationnement aménagées et réellement gardées par des agents respectueux et respectables ». Devant toute cette anarchie, qu’en est-il de l’Etat-gendarme ? S’exprimant sur les ondes de Radio Soummam le P/APC de Béjaïa a laissé entendre que « la question des parkings est d’ores et déjà entre de bonnes mains ». Allusion faite à la commission mixte, incluant toutes les parties concernées (APC, Direction des transports et les services de sécurité).
Cette commission est constituée, d’après le P/APC, à l’effet de recenser les différentes places qui pourraient faire office de parking et engager des travaux pour leur aménagement avant d’être cédées au profit des coopératives de jeunes lesquelles sont appelées par la suite à régulariser leurs situations et procéder à l’exploitation des diverses aires de stationnement. S’agissant des autorisation d’exploitation délivrées par l’APC, Boualem Madidira que son administration ne délivre que des autorisations à durée déterminée, à savoir de deux mois (juillet – août).
Dans ce cas de figure, les aires de stationnement des Aiguades, Mont Gouraya et Porte Sarrasine ont fait l’objet de délivrance d’autorisations. L’espoir naissant, Farès, jeune gardien de parking à l’Edimco, dira, « j’attends avec impatience que ma situation soit régularisée. » Il ajoute dans le même sillage, « mes clients n’auront plus à se méfier de moi du fait que j’exercerai en toute légalité ». « Une fois que les as de la débrouille seront en situation régulière, nous reconnaîtrons nos interlocuteurs comme tels », déclare un automobiliste prenant place dans le parking dont Farès assure le gardiennage.
En définitive, le fameux cadre organisationnel et régulateur, une fois mis sur pieds mettrait certainement un terme à la problématique des parkings. Donc il demeure plus qu’urgent de prendre les dispositions nécessaires pour une prise en charge effective des doléances des uns et des autres. Lesquelles dispositions, instaureront un climat de confiance entre les différents protagonistes.
D. Saïche
