Le chômage, c’est bien connu, est une plaie, une calamité à l’origine de bien de maux sociaux. Le travail au noir, bien que pourvoyeur d’emplois pour un grand nombre de chômeurs, est une autre plaie. S’il est vrai que le travailleur au noir apporte chaque mois la paye indispensable à la famille — surtout s’il est le seul à travailler — il n’en n’est pas moins soumis à une exploitation honteuse et à des dangers qui mettent quotidiennement sa santé, parfois sa vie, en danger. Contrairement à ce que l’on image, le travail au noir ne s’effectue pas dans des entrepôts souterrains secrets qui échapperaient au contrôle des autorités. Le plus souvent, il s’exerce à ciel ouvert, au su et au vu de tous, dans les restaurants, les cafés, les bars, les pizzerias, les boulangeries, les biscuiteries, les poulaillers, les garages et les entreprises diverses. On y fait travailler une main-d’œuvre importante qui, généralement, accepte de faire n’importe quoi pour des salaires de misère. Il y des hommes, des femmes et des adolescents : on travaille toute la journée, de huit heures à dix-huit heures, avec pour certains un journée ou une demi-journée de repos par semaine mais beaucoup, notamment dans la restauration, travaillent sept jours sur sept. Le travail au noir — et c’est là sans doute sa définition — ignore la législation : pas de salaire minimum garanti, pas d’âge minimal exigé (on fait travailler les enfants), pas de couverture sociale, les patrons ne payant pas de cotisations. Dans ce cas, pas d’assurance, pas de retraite… Le travail au noir, c’est, en ce début du 21e siècle, une calamité qui remet en cause tous les acquis sociaux et tous les droits de l’homme !
S. Aït Larba
