Karim Yeddou chante Cherif Kheddam

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Le second album de Karim Yeddou, “Sidi Taleb”, mérite amplement d’en être la révélation des produits artistiques de l’année, exceptés les tubes des “vieux routiers”.Chanter Cherif Kheddam est la meilleur manière de rendre hommage au ténor de la chanson kabyle et de la musique universelle. “Achal d-abrid”, reprise par Yeddou par une touche singulière propre à lui se veut une sacrée virée dans le vécu de la famille kabyle ayant enfanté, dans l’indigence des temps anciens, des hommes vigoureux. Là où le sacrifice de nos mères n’est pas un simple conte à léguer à nos enfants, mais plutôt un exemple de courage et de ténacité qu’elle a dû déployer pour élever sa progéniture et conserver sa dignité. Indétrônable au hit-parade de la Radio chaîne II, depuis près de trois mois, l’artiste à la voix mélodieuse, comme disait de lui les auditeurs, a touché à tous les styles et goûts de la musique dont les textes chantés révèlent en lui le talent de mêler légende, amour, jeunesse prise entre envie de partir et de rester chez soi. En somme, un mélange de thèmes répartis dans les cinq autres chanson où la muse lui a bien inspiré les paroles.“Ur ttlumu Dgi”, titre de la deuxième piste, est l’expression d’un “amour interdit”, un amour incompris par sa bien aimée et son entourage qui nargue ses sentiments par des paroles blessantes : Ur ttlumu-dgi ma rewlathTedyeq t ugnitt felliS-gem assa ma snesraghYir awal iqaz dgi…… Sendagh ghurem t kemeldiyineflagh seg-irebbi lmahnaAm cetid yahfan tevridiyiLa particularité dans ce nouveau produit est le mélange de style et de tonalité où le chant est une véritable poésie inspirée des faits vécus soit par le chanteur ou par son entourage d’amis. En ce sens, Yeddou s’érige en porte douleur et en clameur d’espoir et d’amour, là où ses semblables se reconnaîtront assurément.Entre ceux qui partent ailleurs et ceux ayant choisi de rester au pays, l’artiste s’en remet à lui-même. Par un style chaâbi propre à Takfarinas, la quatrième piste aura voulu situer le chanteur entre l’avenir des jeunes et le triste passée du pays les ayant encouragés à penser fuir le bled.Arayiw tuysed arayiwizedghik layas a laâquelA laâqel yerzak y isliwA yiles cnud aneghfelFaudra-il enfin dire que ce nouvel album est le prélude d’une carrière artistique qui ne peut qu’être réussi de par le travail “propre” que l’artiste a déployé, si on doit reprendre le message de Cherif Kheddam qu’il lui a adressé. Que ce soit en terme de paroles, musique ou arrangements, le produit vaut vraiment d’être une révélation.

M.A.T.

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