Si les éléments de la Gendarmerie nationale avaient coutume de procéder à des arrestations parmi les réseaux tentaculaires de vendeurs de drogue et de stupéfiants, la nouveauté, ces derniers temps, est la prolifération de champs affectés à la culture du cannabis. Après les communes de Toudja et d’El Kseur, où des espaces plantés de cette substance ont été découverts par la gendarmerie, voici venu le tour de Fenaia, aux portes de la ville de Yemma Gouraya. En effet, les éléments de la Gendarmerie nationale, agissant sur renseignements, ont mis au jour un champ de cannabis dans le village de Boubzi. D’une superficie de 115m2, la ferme a été scindée en trois pépinières. En sus de la récolte qui est estimé à 96. 5 kg récupéré par les gendarmes, 9 kg de haschisch emballé dans des sachets destinés à la commercialisation ont été retrouvés. Le propriétaire de cette ferme est toujours en cavale. Trois découvertes en un intervalle de 20 jours. Cela donne froid au dos et donne à réfléchir aux services de gendarmerie sur l’ampleur de la culture du cannabis qui prend les allures d’un phénomène durable. Comment se peut-t-il que ces » champs de la mort » prolifèrent en lisière de fôrets et dans la vallée de la Soummam sans mettre la puce à l’oreille des autorités concernées par la lutte contre la drogue? Une seule explication plausible est avancée par les services de sécurité pour donner un début de réponse à cette nouvelle équation aux nombreuses inconnues. Il faut dire que l’exil forcé des éléments du » Darak El Watani » dans pas mal de communes de la wilaya de Béjaïa est pour quelque chose dans le développement de ce phénomène. Aussi, le relief montagneux et accidenté ne permet pas une grande efficacité dans les opérations de recherche. Loin des regards » indiscrets » des hommes en vert, des personnes indélicates s’investissent dans cette culture juteuse. Certains poussent l’ingéniosité et l’outrecuidance jusqu’à planter le cannabis sur leurs propriétés privées, non loin de leurs maisons, ou autour des espaces agricoles pour ne pas attirer les soupçons de la population, encore moins ceux des services de la gendarmerie. L’aspect de plante du cannabis n’est pas faite pour aider le commun des mortels à bien reconnaître cette graminacée. Quand bien même au courant de ces plantations et des agissements répréhensibles de certains réseaux de trafic de drogue, de nombreux citoyens de la région préfèrent ne pas » broncher » vu la méfiance existant entre population et gendarmes. Un sentiment encore attisé par les évènements douloureux de 2001. Il est à signaler que la wilaya de Béjaïa fait partie en compagnie de Adrar, Tizi Ouzou et Alger de l’important quatuor producteurs du cannabis en Algérie. Batna, El Oued et Mascara sont aussi passés maîtres dans la plantation du cannabis. Abdelmalek Sayeh, directeur de l’Office national de lutte contre le trafic de drogue, a exprimé, pour sa part, son inquiétude par rapport à ce phénomène qui se fait sous la houlette et la bénédiction de barons et de réseaux de trafic de drogue.
H. Lam
