EPSP Ouacif Un nouveau préavis de grève lancé depuis le 2 juin – Le DSP sous pression

La situation conflictuelle qui prévaut à l’EPSP de Ouacif est loin d’être réglée, malgré la nomination du DSP de wilaya, M. Bouda, à la tête de l’établissement, le 31 mai dernier, par la commission ministérielle qui s’est déplacée sur les lieux.

La coordination de la santé de la wilaya de Tizi-Ouzou, affiliée à l’Union générale des travailleurs algériens, vient de décider de reprendre le mouvement de protestation. Elle a d’ores et déjà retenu «un préavis de grève de dix jours, à compter du 02 juin. Après expiration du préavis, les travailleurs de la santé de la wilaya entameront des grèves cycliques de 03 jours par semaine et en cas de non-satisfaction des revendications, la grève sera prolongée d’une journée par semaine», est-il écrit sur la déclaration de la coordination rendue publique ces derniers jours. «Tout le dossier de la santé» à travers la wilaya de Tizi-Ouzou a été passé en revue et il a été constaté selon toujours la même déclaration, ce qui suit : «Les résultats sont négatifs : Manque de volonté de la part de la tutelle de prendre en charge les points soulevés dans la plate-forme et persistance de la situation explosive qui prévaut aux EPSP d’Ouacif et d’Ouaguenoun». «La décision de reprendre la protestation fut donc prise. » Rappelons que le secteur de la santé dans la wilaya de Tizi-Ouzou est en ébullition depuis plusieurs mois. L’EPSP de Ouacif a été bloqué pendant des mois. L’affaire qui a fait déborder le vase est sans nul doute la découverte du lot de médicaments non déclaré à la polyclinique des Ouadhias. L’affaire a défrayé la chronique et fait couler beaucoup d’encre. Les décisions prises par l’ancien directeur local de la santé M. Amarkhodja Naceredine, n’ont pas fait l’unanimité. Les travailleurs se divisèrent alors en deux groupes, l’un affilié à l’UGTA, l’autre affilié au SAP et au SNPSP. Les grèves se succédèrent. Le DSP loin de trouver des solutions n’a fait que réagir timidement à la protestation. L’ancien directeur fut limogé puis rétabli, puis re-limogé. Un nouveau directeur a été alors désigné mais il a été contesté par une partie des travailleurs. Pire encore, les travailleurs non syndiqués s’invitent sur le terrain de la protestation pour dire qu’ils sont «surexploités et non payés depuis de nombreux mois. » L’administration de l’EPSP, les polycliniques et les unités de soins réparties sur trois importantes daïra (Ouadhias, Ouacif et Ath Yenni) sont paralysées. Rien ne va plus !

La coordination UGTA de Tizi-Ouzou soulève une plateforme de revendications

Il est bon de revenir sur la genèse du mouvement qui a mis à mal toute la corporation de la santé publique à Tizi-Ouzou. Car, en plus des cas des EPSP de Ouaguenoun et de Ouacif, constamment bloqués à cause de problèmes internes entre syndicats d’une part et entre les syndicats et la direction d’autre part, les actions de protestation se sont multipliées sans que la situation n’évolue d’un iota. Les seuls perdants dans toute cette affaire ce sont les malades. Pour en revenir aux revendications des travailleurs, notamment ceux affiliés à l’UGTA, elles sont au nombre de 28 et, selon la déclaration de l’UGTA, toujours non satisfaites. La première revendication est la permanisation de tous les travailleurs vacataires. Ils demandent également la généralisation de la prime de contagion à l’ensemble des travailleurs en plus de l’intégration des travailleurs du pré emploi. La coordination, en plus des problèmes liés à l’avancement des carrières, la promotion, l’intégration et la régularisation, exige la prise en charge totale du personnel 24/24 (chambre de garde + repas). Les points soulevés sont nombreux et visent à améliorer le cadre de vie dans les structures de santé et le cadre de vie des travailleurs de la santé publique. Le secrétaire général de l’UGTA de Tizi-Ouzou que nous avons joint par téléphone nous confiera : «La situation du secteur n’a pas bougé hélas. Après sept rencontres et réunions avec l’ensemble des responsables concernés à tous les niveaux, rien n’a été fait. Après plusieurs actions de protestation, marches, sit-in et déclarations, la situation n’avance pas. Nous avons l’impression de nous adresser à un mur. Nous n’avons pas le choix, on nous contraint à revenir à la protestation».

Sellal avait été interpellé sur le sujet par les comités de villages et le P/APW

Les comités de villages avaient interpellé le ministre concerné pour intervenir en vue de mettre un terme à cette situation de blocage. Le président de l’assemblée populaire de la wilaya de Tizi-Ouzou, M. Mohamed Klalèche, a également interpellé le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, en présence du ministre de la Santé M. Boudiaf, lors de leur dernière visite à Tizi-Ouzou. Une commission ministérielle de haut niveau a été dépêchée, le mardi 1er juin, et décision a été prise de confier la gestion de l’EPSP au DSP, M. Bouda. L’on s’attendait alors à un retour au calme, mais hélas ce ne fut pas le cas puisque le syndicat UGTA vient de lancer un préavis de grève, en attendant la décision des autres syndicats qui devront se réunir lundi prochain. Un médecin de l’EPSP Ouacif, que nous avons eu au téléphone, pestera : «Le DSP a commencé par installer ceux qui lui sont proches et notre syndicat n’a pas été invité à la réunion de la commission ministérielle. Il était tout à fait clair que nous allions reprendre la protestation. La situation de blocage semble même s’accentuer». Et c’est le nouveau directeur de cette EPSP…M Bouda, en l’occurrence, et non moins DSP, qui se retrouve déjà sur la sellette, à moins qu’il ne réussisse la prouesse de faire revenir tout le monde à la raison.

Hocine T.