La révision constitutionnelle au centre du deal

La révision de la Constitution et la création du poste de vice-président de la République ont été les points importants des discussio. Mouloud Hamrouche, un nom beaucoup associé, ces dernières semaines, à la vie partisane du FFS, avait conclu un deal politique avec Hocine Aït Ahmed, non pour lui succéder à la tête du parti, mais pour se garantir le soutien du chef historique sur la révision de la Constitution. Celle-ci, qui est annoncée tambour battant depuis la maladie de Abdelaziz Bouteflika, devra inclure dans ses amendements, la création du poste de vice-président de la République. Et tout porte à croire que l’ancien chef du gouvernement, jouissant de l’appui des « Tagarins », est fortement pressenti à ce poste.

Le changement de ligne de conduite du FFS par son président en soutenant l’idée de la révision de la Constitution annoncée depuis le 27 septembre 2005 dans  » l’appel pour les libertés publiques et syndicales en Algérie « , qualifiée jusque-là par Aït Ahmed de  » révision déchirante  » abandonnant par là même la revendication d’une assemblée constituante, aura encouragé Hamrouche à s’approcher encore davantage du FFS. Les premiers rapprochements formels sur le sujet de la révision de la Constitution entre les deux hommes se sont déroulés à la mairie de Paris, le 20 avril dernier, à l’occasion de la journée commémorative sur l’assassinat de André Ali Mecili – » Trois heures pour Mecili « -. Une manifestation, faut-il le préciser, à laquelle avait pris part l’actuel chef de la diplomatie française, Bernard Kouchner.

A en croire nos sources, Hocine Aït Ahmed, président de cérémonie, a été approché par Ghazi Hidouci et Goumeziane anciens ministres de l’économie et du commerce dans le cabinet Hamrouche ainsi que par Ali Boudoukha, un journaliste free lance, considérés comme fidèles parmi les fidèles de Hamrouche. Il est vrai que le contenu des discussions qui se sont déroulées en aparté pendant près de deux heures, restent secret à ce jour même par les plus proches d’Aït Ahmed, nos sources parlent d’un sérieux échange de points de vue entre les deux parties sur les sujets de la politique générale du pays, notamment sur l’idée de la révision de la Constitution et des amendements beaucoup apportés à la loi électorale et sur les partis. Une forme de sondage d’opinion qu’ont eu donc à réaliser les émissaires de Hamrouche auprès du chef du plus vieux parti de l’opposition sur des questions intéressant l’éventuel futur vice-président de la République, qui a besoin notamment de l’appui d’un chef historique mais aussi de son parti  » seul à même de mener la Kabylie vers l’acceptation de la nouvelle Constitution.  »

Hamrouche-FFS un deal tacite

Contrairement à ce que laisse entendre le FFS sur l’éventuelle intégration de Hamrouche au parti lors du IVe congrès et de sa probable succession à Aït Ahmed, l’accord passé entre les deux hommes dépasse de loin cette idée jetée en guise de ballon-sonde par celui que certains militants du parti qualifient de cabinet noir. Il s’agit, en fait, d’un acquiescement implicite de Hocine Aït Ahmed et de son entourage immédiat, incarné par les membres du cabinet noir, à la révision constitutionnelle en lieu et place de l’installation d’une assemblée constituante, et la désignation de Hamrouche au poste de vice-président de la République. Les deux hommes se seraient même rencontrés quelques semaines après la rencontre de Paris entre les Hamrouchiens et le président du FFS, et auraient affiné leur politique commune. Reste que le lieu de la rencontre demeure controversé. Si certains désignent Paris comme lieu de la rencontre entre Aït Ahmed et Hamrouche, d’autres parlent d’une rencontre qui aurait duré une semaine au Maroc, où le chef du FFS aurait passé ses vacances en juin dernier.

Ne voulant assurément pas heurter la sensibilité de ses militants, alors qu’une sérieuse crise ébranle déjà son parti avec l’apparition d’un groupe de contestataires, Hocine Aït Ahmed engagea son parti dans une forme de questionnaire incluant entre autres une interrogation au sujet de la personnalité de Hamrouche. Ce sondage, même s’il cache mal le deal tacite passé entre l’ancien chef du gouvernement et le FFS, avait été inclus dans des formulaires adressés à la base sous forme de cette question :  » Que pensez-vous de Hamrouche ? « 

Ayant peut-être assimilé cette opération à une bourde politique pour l’avoir rendu publique, le secrétariat national, par le biais d’un canal détourné, fera dans  » l’intox  » en annonçant Hamrouche futur militant du parti et éventuel successeur de Hocine Ait Ahmed. Alors que la presse nationale s’empresse de diffuser l’information et la commenter en l’absence de la réaction du premier concerné, en l’occurrence Hamrouche, Karim Tabou resurgit en sa qualité du premier secrétaire national via un entretien accordé à notre confrère El Watan, pour démentir l’information. Une sortie des plus intriguantes dans la mesure où l’interviewé insista sur  » l’appel des congressistes à Ait Ahmed  » pour conserver son poste de président. Voilà qui ne dit pas tout sur l’amour profond entre Hocine Aït Ahmed et Mouloud Hamrouche où chacun d’eux semble donner son appui à l’autre.

M. A. T.