L’horreur s’est produite ce jeudi en début d’après-midi, au moment où l’on attendait le passage du cortège présidentiel dans l’avenue principale de la capitale des Aurès.
Le chef de l’Etat lui-même aurait donc échappé de justesse à cet attentat.
Alignés en confiance dans la grande artère de cette ville de l’Est, des centaines de citoyens attendaient l’arrivée du président de la République. On s’apprêtait à l’ovationner comme à l’accoutumée, lui serrer la main, et lui faire part, entre deux accolades, de leur situation sociale.
Brusquement, tout a basculé ! Une forte explosion, suivie d’une épaisse fumée, endeuille l’atmosphère.
Les faits : repéré par un policier au moment où il tentait de se faufiler parmi la foule, un suspect s’est fait explorer.
Certaines sources précisent que ce terroriste avait entre les mains un sac en plastique contenant la charge prête à l’explosion.
D’autres sources expliquant que celle-ci a été actionnée à distance pour tuer son porteur, faire croire à un attentat suicide et surtout empêcher toute identification de l’auteur du carnage.
Au-delà des différentes hypothèses avancées, l’on retiendra particulièrement que l’hydre islamiste voulait cibler, cette fois-ci, le premier symbole de l’Etat, en l’occurrence le président de la République.
Déjà, le 11 avril dernier, lorsque le Palais du gouvernement a été soufflé par un attentat kamikaze, l’on s’était rendu compte (tardivement) que l’heure est grave. Et en d’autres termes, l’on pourrait soutenir que la politique de réconciliation n’est sans doute qu’une mauvaise option avec laquelle il faut rompre d’urgence.
Trois mois plus tard, jour pour jour, il y eut un autre attentat
kami kaze dans une caserne à Lakhdaria.
Et au total, par ces deux procédés, l’ex-GSPC aura fait, en un trimestre, près de 40 victimes et plus d’une soixantaine de blessés.
Important rappel
Une semaine avant l’attaque suicide ayant tué une dizaine de réservistes de l’ANP dans ce cantonnement militaire de l’ex-Palestro, le chef de l’Etat avait clairement appelé à l’intensification de la lutte anti terroriste. Sans périphrase, le chef de l’Etat, dans son discours prononcé alors au siège du MDN, s’était nettement démarqué du clan des islamo-conservateurs. Une ligne de démarcation tracée à l’opposé des barbéfelenes et autres partis islamistes (agréés) qui ont toujours voulu, à leur manière, tirer les dividendes du terrorisme.
Seule l’ANP et les structures annexes de sécurité, combattant sans répit les nébuleuses de l’ex-GSPC, devenues El Qaïda pour le Maghreb, savent que les incursions terroristes en Kabylie et au Centre du pays, sont régulièrement suivies de tentative de réislamisation de mœurs en plus de la djizia.
Les ratissages non-stop de l’ANP s’y succèdent. Mais de nombreuses serriate de l’islamisme armé restent insaisissables. Et, si l’on n’y prend garde, elles seront encore tentées de démontrer leur audace.
Comment mettre fin à ces tueries qui, pour l’exemple, se sont amplifiées durant l’année 2006-2007 ? Le 31 octobre 2006, deux attentats à la voiture piégée ont fait, successivement à Réghaïa et Dergana, deux (02) morts et 25 blessés. Le 13 février 2007, 7 attaques à l’explosif auront fait, elles, sept morts et une quarantaine de blessés dans de nombreuses municipalités de Tizi-Ouzou et Boumerdès. Et presque quotidiennement, d’autres djounoud de l’ANP ou membres des GLD sont victimes d’attentats à la bombe, en zone semi-rurale.
L’ex-GSPC défie et l’Etat et la société, en recherchant toujours un écho pour tenter de galvaniser ses troupes subissant la pression constante des forces de l’ANP. Aux républicains de ne plus se contenter de simple ccondamnations du terrorisme, qui s’apparenteront à la longue à une forme d’hypocrisie, de lâcheté.
S. Haddou
