Le mois sacré débute aujourd’hui en plein milieu d’une angoisse sociale amplifiée par la montée continuelle des prix des produits de large consommation. Excepté le score qui s’est stabilisé sucre, l’ensemble des produits connaissent des hausses,notamment ceux dérivés des céréales et du lait.
Hier, les marchés de proximité des fruits et légumes ainsi que les magasins d’alimentation générale de Tizi-Ouzou étaient quasiment vides. Un fait anomal à la veille du mois de Ramadhan et à l’avant-veille de la rentrée scolaire. “Les gens ne veulent pas se précipiter à la veille de deux rendez-vous qui appellent à des dépenses excédentaires”, nous explique un commerçant qui fait dans le commerce multiple.
Le magasin est très bien achalandé en divers produits, allant des rayons de l’alimentation générale aux détergents et produits d’entretien en passant par les articles scolaires. Le commerçant pense bien faire en constituant son stock bien avant la fin de la saison estivale; Il s’attendait assurément à un rush, mais il ne voit que du vent pour l’instant.
“Depuis la fin de saison estivale, les ventes ont chuté de plus de 60 %, et les prix ont tous attrapé la fièvre”, nous a-t-il révélé.
Du poivron dans le cartable
Si l’augmentation incessante des prix de la semoule, des pâtes et autres dérivés ont leur explication sur l’envolée des cotations boursières sur la place mondiale, celle des fruits et légumes s’aver être le résultat de la gestion médiocre et incopétente des départements chargés de la production et de la régulation les échanges d’accusation entre le ministre de l’agriculture et celui du commerce sur la responsabilité de chacun d’entre eux au sujets des envorées des prix des fruits et légumes ainsi que sur la “ crise” de la pomme de terre, s’averent une belle manière de “bercer” les consommateurs en attendant de laisser passer la tempête. Car, faut-il le rappeler, les deux membres, inanovibles, du gouvernement coalisé, ont eu la même réaction l’année dernière. Le consommateur, lui, a la tête bien remplie et le ventre vide! Alors que la semoule, denrée populaire et de substitution pour nombre de familles à faibles revenus, connaît des prix en hausse d’une semaine à une autre, sa disponibilité es désormais compromise, même avec un prix qui frôle les 1 300 dinars le sac de 25 kg. Il était à 1 100 dinars la semaine dernière, la semoule est bel et bien touchée par un début de pénurie.
Une autre pénurie est annoncée par les commerçants, celle qui touchera l’huile de table durant ce mois de ramadhan. Nom parce que les usines produisent moins, mais c’est la matière première qui commence à faire défaut.
En somme, c’est un véritable stress autour du couffin qui s’annonce des plus forts.
Si le ménages s’en tiennent à débourser modérement, depuis au moins une dizaines de jours, elles ne le seront plus à partir d’aujourd’hui avant qu’elles l’accentuent, le la pression du porte-monnaie et sur la tirelire. Samedi, ça sera une autre journée qui accentuera les dépenses avec la reprise des classes. Pas moins de 500 dinars le coût des articles scolaires, sans le tablier, pour un élève inscrit en première année. Il est majoré par 1,20 % à 1,60% pour élèves de 2e et 3e année primaire, le taux peut atteindre les 250% à 270 % pour ceux inscrit aux collèges et plus de 500% pour le secondaire, sans tenir compte du coûts des livres scolaires et habillement. Autant dire que les futures augmentations de salaires commencent à être absorbées dérechef !
“ Je ne sais plus où donner la tête, le ramadhan pour demain (aujourd’hui ?) et la rentrée pour samedi, alors que nous sommes déjà dépouillés par la saison des fêtes. Nos salaire ne suffisent absolument pas à affronter les deux évènements de demain et samedi, j’ai l’impression que les Algériens s’appauvrissent de mois en mois”, nous dira, non sans peine, une dame rencontré au petit marché des fruits et légumes de la ville de Tizi-Ouzou.
A la question de savoir comment elle pourra satisfaire la table lors de la rupture du jeûne et les trousseaux de ses enfants, notre interlocutrice a eu cette réponse qui tranche avec son état psychique du moment: “Je mettrai des poivrons dans
le cartable et je rentre à la maison !”
M. T. A.
