Le suicide à l’assaut de l’écran

l La production de l’Entreprise nationale de télévision (ENTV) n’a pas failli, du moins pour ce mois sacré, à la tradition de la léthargie dans sa programmation de la grille spécial ramadan 2007. Le téléspectateur algérien doit encore subir la pauvreté du programme concocté cette année. En dehors du feuilleton Mawïd Maâ El Kader (Rendez-vous avec le destin), rien à signaler du côté du boulevard des Martyrs.

Même avec ce feuilleton, le moins que l’on puisse dire, est que notre petit écran ne grandit pas. Ces réalisations échappent, dans leur majorité, aux règles et bases régissant l’art du cinéma. Avec des dialogues qui sombrent dans la banalité, un déficit cruel au niveau des scénarios, le manque de personnages crédibles rend les séries télévisées ternes et mièvres. La caméra cachée Bla zâaf, (Sans nerfs), réalisée par Mohamed Sahraoui, illustré la situation peu glorieuse que vit notre télé. Dans cette série dite humoristique, ses concepteurs se basant au cours de leur « culotté jeu » sur des amusements qui peuvent provoquer des crises en tous genres, allant des épilepsies au suicide, pour faire subir aux innocents citoyens qui auront la malchance de passer devant leur caméra, les agressions visuelles du petit écran. L’équipe est allée jusqu’à simuler un suicide. Morbide ! L’inconscience et le mauvais piètre jeu des acteurs frisant le ridicule, amènent à dire que la qualité de ces œuvres est à remettre en cause de bout en bout. Il serait vain d’essayer de chercher le moindre argument artistique ou cinématographique qui pourrait justifier le ratage de ces programmes. Avec cette caméra cachée, notre petit écran a innové en matière de ridicule en… se suicidant du haut d’un immeuble. Avec une méconnaissance manifeste de la réalité des caméras cachées, telles que préparées et conçues dans pays d’autres, la nôtre est devenue un instrument de peur et d’angoisse pour les pauvres victimes choisies dans les rues des villes du pays. A cela s’ajoute le manque de spontanéité. Nos réalisateurs nous ressassent toujours les mêmes sujets et les mêmes sketchs. Au delà du fait que les Algériens ont l’unique faculté de rire d’eux-mêmes et de tout ce qui tourne autour d’eux, nos hommes de cinéma sont totalement déconnectés du génie populaire algérien.

Mohamed Mouloudj