l La vallée de Tizi Ghennif qui dispose d’un barrage d’eau est connue dans la région pour son melon et sa pastèque. D’ailleurs, l’été dernier, la culture de la pastèque a très bien réussie. « Ces terres ne sont pas bonnes pour la céréaliculture », dira un jeune agriculteur.
En dépit de tous les risques encourus, des maraîchers ont pris le taureau par les cornes en lançant leurs plantations de pommes de terre. Ce légume qui a connu une hausse très sensible aussi bien pour la consommation que pour la semence. Au moins dix hectares sont finalement plantés. Grâce à l’irrigation, il est attendu que la pomme de terre soit récoltée vers la mi-décembre. Beaucoup de gens pensent qu’au moins son prix va baisser. « Pour la récolte de l’hiver, il n’y a pas beaucoup de risques pourvu qu’elle échappe au verglas. Quant à celle du printemps, les maladies tel le mildiou sont leurs ennemies. Il faut avoir du courage quand on sait que le prix de la semence a dépassé tout entendement. Il faudra encore ajouter tous les autres frais », nous a répondu un de ces maraîchers. « Nous demandons toujours sa subvention par l’Etat », a-t-il ajouté. « Combien de milliards de dollars sont-ils injectés dans l’importation. Et puis, quelle qualité ? », s’est demandé un peu plus loin un autre agriculteur. Au niveau de Draâ El Mizan, trois autres maraîchers n’ont pas raté cette saison. « En été dernier, on n’a récolté aucun kilo. Les deux hectares que nous avions loués, puis plantés ont été entièrement ravagés par le mildiou en dépit de leur traitement avec des produits physio sanitaires très onéreux. Il a suffi d’une pluie suivie d’une journée de sirocco. Et puis, c’est la faillite. C’est ce qu’on ne souhaiterait pas pour cette récolte que vous voyez », enchaîne un autre maraîcher à Draâ El Mizan. Du côté des consommateurs, ils voient déjà une baisse de ce produit devenu pour eux plus qu’un luxe. « A soixante-cinq dinars le kilo. Combien faudra-t-il pour une famille de six personnes ? », s’interroge l’un d’eux. Le seul espoir pour ces maraîchers est de réussir leur saison.
Amar Ouramdane
