Un village hors développement

Implanté à quelques kilomètres à l’est du chef-lieu de la wilaya de Bouira, le village Iaâzithen endure le manque de plusieurs commodités. En effet, plusieurs problèmes sont au menu. A commencer par l’impraticabilité de la route. Le chemin desservant ledit bourg vers le village agricole Said-Abid est devenu un casse-tête pour les villageois.

La piste de 3 km de long demeure poussiéreuse en été et boueuse en hiver. Selon les dires de quelques habitants rencontrés lors de notre passage « le revêtement de cette piste demeure une nécessité pour nous, cela fait de longues années que nous exigeons le bitumage de la route ».

Il est à souligner que les automobilistes sont contraints de laisser leur véhicules au village Said-Abid durant la période hivernale puisque la route est impraticable surtout avec l’inexistence d’un pont. Pour atténuer ce déficit, les autorités locales ont dégagé un budget spécial pour la realisation d’une passerelle. L’initiative a été accueillie avec joie par l’ensemble de la population.

« C’est juste une initiative en attendant qu’ils se penchent sur le bitumage de ce tronçon », déclarent les villageois. Par ailleurs, la population a soulevé le problème de la pénurie d’eau potable. En fait, les habitants, une centaine environ, ne savent plus à quel saint se vouer, puisque aucun projet d’alimentation en AEP n’a été réalisé au village. Pour ce faire, les familles s’approvisionnent à partir d’un puits, qui ne répond à aucune norme d’hygiène.

Les autorités locales de la commune pauvre de Aïn Turk alimentent la population à l’aide de camions-citernes deux fois par semaine.

Cette quantité est jugée insuffisante par les habitants d’Iaâzithen qui continuent de réclamer l’implantation d’un réservoir d’eau dans leur village. Même durant la période hivernale, les villageois sont privés d’eau puisque les camions citernes ne peuvent pas accéder au village, vu l’impraticabilité du chemin.

Un autre problème est soulevé par nos interlocuteurs, il s’agit de la crise du gaz.

La population continue de s’approvisionner en gaz butane : « Je fait des kilomètres pour l’achat d’une bouteille de gaz, que ce soit du village Said-Abid ou au chef-lieu de la wilaya ». Ces citoyens s’interrogent sur le fait que leur village est marginalisé alors que leurs voisins des villages limitrophes dépendant de la commune de Ain Lahdjar ont bénéficié du raccordement au gaz du ville. « Pourquoi ? nous ne sommes pas des Algériens, nous n’ouvrons pas le droit à un raccordement au gaz de ville ? C’est de la Hogra …. « , dit un citoyen en colère. A préciser que la grande conduite de gaz qui alimente même les villages voisins est passée par le territoire de la commune de Aïn Turk alors que les villageois de ladite localité sont oubliés. Nos interlocuteurs lancent un appel aux pouvoirs publics afin de leur venir en aide, et de leur rendre leur mode de vie plus décent.

Amar Fedjkhi