Nous serions, quelque part tentés, de comprendre les motivations des uns et des autres dans cette course aux strapontins du pouvoir local. Mais, en fin de parcours les réponses varient selon les cas. Des élections en vase clos. D’un côté, le manque de prérogatives des élus locaux et de l’autre, l’indifférence affichée par les citoyens à l’égard de cette énième tentative de les faire aller aux urnes, donnent matière à réflexion. A Illilten, lointain hameau situé à pas moins de 70 km au sud-ouest de Tizi Ouzou, la situation est la même, elle se complique davantage lorsque l’on sait que, comme disait l’adage : « Chasses le naturel, il revient au galop ». A Illilten, se présenter à une élection est synonyme de demande d’emploi auprès des électeurs, les têtes de listes auront sûrement plus de chance de décrocher un boulot pour les cinq ans à venir. La pauvreté, l’enclavement, le chômage sont le lot quotidien des At Yellilten.
Des scènes théâtrales sont souvent jouées par les candidats mais sans pour autant arriver à déloger les vieux mécanismes ancrés dans les esprits. Le citoyen n’est sollicité qu’à l’approche des élections. Il sert de tremplin, bassement électoraliste, afin d’élire ses chefs locaux, après cela chacun reprendra ses anciennes habitudes et laissera les nouveaux élus refaire, dans la majorité des cas, les erreurs de leurs prédécesseurs. Les faits ne sont pas nouveaux à Illilten, les idées démocratiques laissent place au sous-tribalisme enraciné dans une micro-société vouée aux gémonies des plus controversés chefs locaux. Les listes préparées pour les joutes du 29 novembre n’ont rien apportées de nouveau, sauf leurs stratégies de confection qui différent parfois. On note, malgré tout, la venue du FNA, un ovni politique dans la région. Selon la vox populi locale, il coordonnera ses efforts avec l’ex-parti unique afin d’y arriver. De son côté, le vieux parti de l’opposition de Aït Ahmed n’a pas échappé, même dans son vieux bastion, aux guerres intestines entre les militants. En effet et selon des recoupements, le FFS n’a dû sa participation qu’à une série de rixes entre ses fidèle. On note par ailleurs, quelques démissions dans ses rangs. Pour le RND, le parti détenant les rênes au niveau local, c’est l’actuel maire qui est reconduit tête de liste. Un maire qui a travaillé seul à l’exécutif, du fait que son staff a démissionné quelques mois après les élections précédentes. De son côté le FLN, seulement après avoir perdu les camarades depuis les premières élections pluralistes en Algérie, le parti de Belkhadem, comme à son accoutumée, présente sa liste contre vents et marrées afin de prouver son enracinement dans tout le pays.
Notant, le retour du RCD dans la course électorale du mois prochain. Après une absence de dix ans, le parti de Sadi revient après un sommeil de trop, en présentant une liste. Selon des indiscrétions, les manigances des militants du RCD ont commencé depuis belle lurette.
Devant ce capharnaüm de listes, avec toutes ces agitations politiciennes de conjoncture, le citoyen reste sur sa faim. Une faim qui durera sûrement plus longtemps que prévu.
Comme pour le reste des Algériens, le désintéressement des citoyens d’Illilten risque de reproduire le camouflet de mai dernier, lors de la course aux estafettes de l’hémicycle.
Mohamed Mouloudj
