l Mohand Ouremdane Larab continue sa quête pour la récolte des poèmes kabyles anciens avec cette fois-ci un poète qui est moins connu que ceux qui ont suscité l’intérêt d’autres chercheurs, par le passé, à l’image de Mammeri Boulifa et Feraoun et plus récemment Younès Adli. Il s’agit du poète Arezki Houache. Le livre que consacre Mohand Ouremdane Larab à ce poète vient de sortir aux dynamiques éditions du « Savoir », domiciliées à Tizi Ouzou. L’ouvrage est préfacé par le petit-fils du poète, Mouloud Haouche dont on retrouve la photo en compagnie de Gabriel Lambert dans le livre. Fidèle à sa ligne de conduite, Mohand Ouremdane Larab a écrit la totalité de son livre en tamazight. Une idée à double tranchant. Elle est positive dans la mesure où elle poussera les lecteurs à lire dans la langue kabyle. Mais en même temps, l’éventail du lectorat risque de s’amenuiser dès lors que les amateurs des traductions françaises resteront sur leur faim. Toutefois, le choix de Mohand Ouremdane Larab a pour but d’éluder le recours à la facilité et de pousser le lecteur à lire dans la langue d’origine. C’est à Djemaâ Saharidj, au sein du aârch At Frawsen (Tizi Ouzou) qu’est né le poète Ouhouache. La date de naissance est aléatoire par le fait que l’état civil, en Kabylie, n’eut pas d’existence officielle avant la dernière décennie du 19e siècle. A l’âge de quarante ans, le poète perd la vue. Issu d’une famille modeste, Arezki Ouhouache sera berger dès l’âge de 16 ans. Par un concours de circonstances, il se rend en pèlerinage à la Mecque.
Un jour, le poète est sollicité par une délégation d’intellectuels, conduite par Saïd Boulifa, Le poète décline l’invitation provoquant ainsi un embarras chez l’administration. Ce dernier est contraint de faire intervenir un parent éloigné de Lhadj Arezki pour tenter de faire changer d’avis au poète.
Ce dernier finit par accepter que son œuvre soit transcrite et colportée. Le poète tenait énormément à l’anonymat. Selon le préfacier du livre de Mohand Ouremdane Larab, le poète déclamait ses poèmes jusqu’au moment où la mission littéraire et scientifique, qu’il transcrivait au fur et à mesure, ressentit de l’épuisement et décida de prendre congé du poète. Le livre en question reproduit des poèmes de Haouche.
Mohand Ouremdane Larab a publié trois livres aux éditions « Impérial » (Maroc). Il s’agit de : « Isefra n si Muhend u mhend » « Tadyant n’chikh Mohand y L’hucin » et « Ammud isefra n’Lhusin N’Adni ».
A. Mohellebi
