Un artiste militant et nationaliste

Connu pour la chanson interprétée dans plusieurs langues, Ayama sver urutsry, Ali était aussi un combattant patriotique et un monument de la chanson kabyle.

De son vrai nom, Khelifi Ali, fils de Akli et de Kaddour Aïcha, est né le 09 janvier 1919 à Bounouh ( Boghni). En 1930, il obtient son certificat d’études primaires (CEP), chez les pères blancs. Vers 1935, à l’âge de 16 ans, il quitta son village pour rejoindre Alger où il travaillait comme cordonnier à la rue Randon. En 1937, après la mort de son père Akli, Farid Ali a pris le chemin de l’exil. 1940, il épousa une Allemande avec laquelle il aura cinq enfants; 3 garçons et deux filles. De 1941 à 1945, il occupe un café à Boulogne qu’il abandonne pour un autre au boulevard Galienni où il fréquente Moh Saïd ou Belaid, H’nifa, Taleb Rabah……. . Dans la même année, il est recherché suite à un attentat commis dans une chaîne de radio française, puis il rejoint son village natal où il constitue une troupe artistique en compagnie de Moh Saïd ou Belaid, Muh Arezki Burezoug, et si Rabah Amzarourou.

En 1945, il se remarie au village et eut un garçon.

Pendant la Guerre de libération nationale, il choisit comme refuge Thala Themat (grotte Bounouh) où il reçoit ses compagnons maquisards tels que : Krim Belkacem, L’Hocine Idjaben……. . Farid devient un militant actif.

En 1956, il est arrêté par l’armée française avec ses amis de lutte, qui sont transférés, une semaine après à Draâ el Mizan où ils subirent des tortures les plus atroces. Libéré en 1957, il rejoint le maquis puis la troupe artistique du FLN en tant qu’interprète. Cette troupe, constituée de comédiens, chanteurs et musiciens était dirigée par Mustapha Kateb. Cette troupe fait une tournée à travers le monde : La Libye, La Chine, l’Égypte, le Maroc, la Yougoslavie. Le disque chant d’Algérie d’hier fut enregistré avec la reprise de tous les chants patriotiques célèbres, dont Qassamène. Trois chansons, dont deux en kabyle et une autre en arabe Ya h’mama furent interprétées par Farid Ali. Cet album de deux tomes est constitué de 17 chansons regroupant une mosaïque du patrimoine chanté algérien, andalou, chaâbi, constantinois, oranais etc… C’est en Tunisie que Farid Ali épousa la Tunisienne Hasna avec laquelle il a eu deux filles. « En 1963, il s’aligna sur le FFS lors des tragiques événements que l’on connait », disait Meziane Rachid de la radio chaîne II. Il fut arrêté et détenu durant 18 mois à Berrouaghia en 1967. Il repartit en France en 1975. Avec le fils de Cheikh Nordine, Madjid, il dirigea pendant un an et demi l’émission « Chanteurs de demain » de la radio kabyle. Selon les dires de Meziane Rachid, Farid Ali n’a reçu son attestation de moudjahid qu’à titre posthume en 1987. En 1978, il rentre définitivement en Algérie. Le 18 octobre 1987 à 9 h30 précises, Farid rendit le dernier souffle à l’hôpital de Boghni à l’âge de 62 ans. Il a laissé un répertoire impérissable de 18 chansons enregistrées sur des disques 45 tours.

Témoignages

Oultache Arezki : Chanteur et compositeur et interprète : « Nous avons chanté afin d’aider notre langue à s’épanouir ainsi que notre culture. A l’époque, il y avait une seule structure l’Académie berbère. En somme, Farid Ali faisait la fonction de coordinateur entre nous, fonction que devait occuper Mohand-Arab Bessaoud plus tard. A l’ORTF, il était très estimé. On l’appelait d’ailleurs « Franco-Kabyle ».

Saïd Mariche, Animateur de radio : « En 1976, nous avons fait appel à Farid Ali pour sa compétence artistique et son assiduité afin de mieux gérer l’émission « Chanteurs amateurs» à la radio Chaine II.

Mohamed Chami

Archiviste de la chanson Kabyle

Depuis 1972 à ce jour

E-Mail : mohamedchami59@yahoo. fr