La ville échappe à un déluge

Le chef-lieu de la commune de Bechloul a failli succomber hier sous un déluge. En effet, les pluies diluviennes, qui se sont abattues sur la région, ont submergé une bonne partie de la ville et les conséquences auraient été catastrophiques pour la population, n’était-ce la vigilance des citoyens et l’intervention des éléments de la Protection civile au moment opportun. Ainsi, aux environs de 16h, les habitants de cette localité sur le qui-vive depuis la matinée ont été submergés par la crue de l’oued traversant leur cité. Le réequilibrage de cette rivière à laquelle une enveloppe financière conséquente a été pourtant allouée n’a pu canaliser toutes ces trombes d’eau, et son débordement a provoqué l’inondation de tous les locaux commerciaux la longeant, les transformant en mares où stagnaient boue et autres déchets.

Même le marché de fruits et légumes n’a pas échappé à la furie des eaux. Toute la ville est transformée en un terrain marécageux.

Les déplacements se faisaient de plus en plus difficiles et certains accès étaient complètement coupés. A cela s’ajoute la coupure du courant électrique. Toute la cité est plongée dans le noir. Seuls les éléments de la Protection civile circulaient à bord de leurs camions, dont l’un transportait de l’eau potable. Les citoyens ne savent à quel saint se vouer.

C’est presque un « 98 bis » qui allait se reproduire. Pour rappel, en septembre 1998, cette même localité a failli être emportée par les eaux. Elle a réellement été considérée comme zone sinistrée. Ce jour-là, plusieurs locaux commerciaux ont été ravagés entièrement, des maisons sinistrées et on a même enregistré des pertes en vies humaines. Heureusement que cette fois-ci, les dégâts enregistrés ne sont que d’ordre matériel.

Cependant, une virée dans cette ville nous renseigne sur l’angoisse de ses habitants à chaque fois que l’orage éclate. Le danger qui les guette n’est autre que ce ruisseau.

Les travaux effectués n’ont finalement pas empêché le risque. Djamel Yahiaoui, délégué du Mouvement citoyen nous dira : «En septembre 2003, nous avons fermé le siège de notre mairie pour réclamer une rencontre avec l’exécutif de la wilaya. Notre doléance a été prise au sérieux et une réunion fut alors programmée au siège de la daîra. Nous avons soumis une plate-forme de revendications à tous les responsables et avons tiré la sonnette d’alarme sur le risque de ce fleuve. Quelques-unes de nos revendications ont connu satisfaction alors que d’autres demeurent lettre morte. »

Et d’ajouter : «Nous avons alerté tous les responsables concernés sur la nature des travaux engagés dans le réequilibrage de ce oued, lequel chantier n’épargnera pas le danger. Personne n’a pris acte de nos suggestions.

Aujourd’hui, le temps a fini par nous donner raison. Nos responsables vont-ils agir enfin ?» s’interroge-t-il.

M. Smail