Entre punitions et sévices, la frontière se fait de plus en plus mince dans nos établissements scolaires. Les enfants censés s’y rendre pour y recueillir le savoir, se retrouvent parfois entre les mains d’enseignants (heureusement pas tous, pervers pour qui « corriger » est synonyme de « battre ». La violence, monnaie courante dans nos écoles, est devenue un fait anodin. Des enfants qu’on déshabille devant leurs camarades, d’autres qu’on traite de bourricots et ceux qu’on frappe avec une règle en fer, ou qu’on humilie à coups de poings, de gifles et de coups de pied, ce sont des épisodes diffusés tout le long du cycle scolaire dans la majorité des écoles. Des enseignants sans scrupules sont persuadés d’utiliser la meilleure méthode, celle de la force, pour corriger un élève turbulent ou un autre qui n’a pas compris la leçon. Et rares sont les parents qui réagissent face à de telles pratiques inadmissibles. Souvent parce qu’ils ignorent les droits de l’enfant scolarisé et parfois, parce qu’ils considèrent avoir délégué l’éducation de leurs chérubins à l’école. Ils sont donc persuadés que c’est pour son bien qu’un élève se fait punir violemment. Pourtant, ces châtiments corporels peuvent avoir de graves répercussions physiques et psychologiques, les exemples abondent dans ce sens. Dans sa livraison de jeudi 02/06/2005, le quotidien Liberté, a rapporté qu’un « élève âgé de 10 ans a été corrigé à la limite de la torture par son enseignant, en recourant à un compas, à Béni Amrane, dans la wilaya de Boumerdès, résultat : le médecin légiste a décelé un « traumatisme crânien cervical, en plus des blessures, nécessitant une semaine d’incapacité ». Le cas de ce gamin n’est pas un cas isolé, beaucoup d’élèves subissent également des sévices de la part de leurs professeurs. C ‘est le cas de D. Nabil, élève de la 7e AF dans un collège à Tizi Ouzou. Le jeune garçon répond violemment à son enseignante qui le traite d’âne sous prétexte qu’il n’a pas compris un cours. En le frappant avec une règle, Nabil se protège le visage et reçoit les coups au niveau du membre supérieur gauche. Un médecin légiste signalera dans son rapport un traumatisme du membre, une contusion du coude et une plaie au niveau du cou. L’enfant, en plus d’une incapacité de 12 jours portera un plâtre. Son père dépose une plainte contre l’enseignante et contre l’établissement qui semble tolérer ce genre de comportement. En effet, ces châtiments corporels y sont courants. D’autres cas moins graves ont été signalés à différents niveaux. Nawal, élève de 4eAF dans une école dans la région de LNI, rentre chez elle, selon les témoignages de son père, les joues rougeâtres et enflées, marquées d’une large trace. L’enseignante a puni toute la classe de la sorte, à cause du chahut. Un enseignant d’une école dans la même localité était quant à lui un expert en la matière, quand il ne manquait pas d’arracher les oreilles de ses élèves, il les soulevait en pinçant les joues. Pour lui, frapper un môme avec une règle sur l’envers des mains ou sur le bout des ongles. était une correction insuffisante. Suite aux nombreuses plaintes des parents, après une année de « torture » l’enseignant a été licencié.
Que sont devenus, les maîtres de « l’école d’antan » ?Mais souvent, les enfants n’avouent pas à leur famille tous les sévices qu’ils subissent à l’école jusqu’à ce qu’une catastrophe se produise. Tel Karim, qui a eu peur de dire à ses parents que son enseignant le giflait souvent. Un jour, il en a perdu l’audition (rupture du tympan). Les parents ont vite réagi en déposant plainte, l’enseignant a été mis à la porte. Beaucoup d’autres cas semblables ou plus graves sont passés sous silence, ce qui est encore plus alarmant. Une jeune enseignante avoue son incapacité à gérer sa classe. La seule manière de prouver son autorité est de cogner sur ses élèves avec autant de force que possible. Le résultat n’est pas pour autant bénéfique, elle en est consciente. La pédagogie fait souvent défaut à ces éducateurs. Pourquoi ?Parce que l’enseignement de nos jours n’est plus un choix délibéré, mais un passage transitoire, faute d’un emploi estimable dans la filière. C’est ainsi que des licenciés en génie-civil deviennent enseignants d’histoire, des diplômés en architecture se retrouvent professeurs de français… un phénomène courant au niveau de l’enseignement moyen lequel peut être exercé avec une licence. De la sorte, l’éducation atterrit entre les mains d’enseignants incompétents. Il ne reste plus qu’une poignée de professeurs de l’école d’autrefois ou de la « vieille école », comme on dit, ceux qui ont choisi ce métier par passion. Evidemment, la violence dont il est question n’est pas propre à une catégorie en marge de l’autre. Il est fort probable que les conditions de travail – archaïques et incommodes – jouent un rôle capital dans cette situation. Il n’est pas sans savoir que les classes sont souvent surchargées et démunies des équipements les plus élémentaires. L’enseignant est déjà pris dans l’engrenage d’une vie sociale désastreuse et d’un quotidien professionnel non moins catastrophique. Ces conditions réunies le rendent nerveux et irritable, ce qui expliquerait sa « violence ». Mais une chose est sûre, la malvie de l’enseignant n’excuse ni ne justifie d’éventuels mauvais traitements d’enfants. Après tout, chaque profession a ses problèmes et ses tracas et la violence n’y est pas forcément coutumière. En tout état de cause, le ministère de l’Education nationale devrait prendre des mesures pour que de tels comportements soient « éradiqués ». C’est une question très épineuse. La situation est grave et les châtiments corporels infligés par les enseignants ne sont qu’une violence parmi tant d’autres, présentes dans nos établissement scolaires, pour lesquelles il est temps de trouver une sortie de secours.
S. K. S.
Nawal, élève de 4eAF dans une école dans la région de LNI, rentre chez elle, selon les témoignages de son père, les joues rougeâtres et enflées, marquées d’une large trace. L’enseignante a puni toute la classe de la sorte, à cause du chahut. Un enseignant d’une école dans la même localité était quant à lui un expert en la matière, quand il ne manquait pas d’arracher les oreilles de ses élèves, il les soulevait en pinçant les joues. Pour lui, frapper un môme avec une règle sur l’envers des mains ou sur le bout des ongles. était une correction insuffisante.
